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Dans un coin secret de son jardin, Pierre Mérat regarde Maurice Marinot en cachette. Le peintre étale aplats de couleurs et lumières sur la toile : ils dansent. Pierre est encore enfant, et sa vie familiale est entrecoupée de cette étrange figure qui jamais ne se sépare de son carton à dessin.Son père, Pierre Mérat senior, rencontre Marinot par hasard lorsqu’il reprend la clientèle du docteur Massoulard à Troyes, vers 1925. Entre l’homme de science et l’artiste, une profonde amitié éclot, liant les deux familles de manière indéfectible. Un verbe même est créé : « marinotiser », en référence à la vigueur du verrier.Devant ses proches amis, le taciturne Marinot s’ouvre et parle de son art. La famille Mérat devient le témoin privilégié de ses succès, tenus au loin, à Paris, ville qu’il ne côtoie que par nécessité, tant il est absorbé par la création à Troyes. Ses œuvres de verre font l’admiration des critiques et des salons ; ses recherches formelles influencent jusqu’aux verriers vénitiens. Mais c’est dans le jardin des Mérat, des Lévy et de quelques amis proches que Marinot vit.Lorsque la guerre éclate en 1939, Pierre Mérat senior creuse une tranchée dans son jardin ; Marinot l’orne de fleurs et de guirlandes. Comme l’acide qui balafre le verre, l’artiste sublime les plaies et la matière. En 1944, son atelier est détruit lorsqu’une bombe enflamme un convoi de munitions allemand stationné non loin. Mille cinq cents toiles et une centaine de verreries disparaissent. Pierre Mérat junior se souvient du verre fondu jonchant le sol calciné, et de la tristesse de cette figure sensible qui, depuis, ne sera plus jamais la même.Autre figure incontournable dans la vie de l’artiste, Pierre Lévy recueille les Marinot, leur offre un toit, et doucement la création reprend.Les journées ensemble se poursuivent, jusqu’après la disparition de l’artiste en 1960, où sa fille Florence perpétue la tradition auprès des Mérat, puis des Michaud.Avant sa disparition en 1993, Florence fait don d’une partie de sa collection aux Mérat-Michaud, représentant les périodes les plus diverses de l’œuvre de Marinot : verres émaillés des débuts, travail à chaud de la maturité, œuvres retraçant un parcours autant qu’une amitié. Les pièces présentées sont référencées dans le catalogue raisonné de Félix Marcilhac, publié en 2013, reprenant la nomenclature établie par l’artiste (MM, pour Maurice Marinot), puis par sa fille (FM, pour Florence Marinot).In a hidden corner of his garden, Pierre Mérat secretly watches Maurice Marinot. The painter spreads fields of color and light across the canvas: they dance. Pierre is still a child, and his family life is punctuated by this strange figure who never parts from his drawing board.Pierre Mérat senior, his father, meets Marinot by chance when he takes over the clientele of Dr. Massoulard in Troyes around 1925. Between the scientist and the artist, a deep friendship blossoms, binding the two families indelibly together. A verb is even coined: “to marinotize,” in reference to the vigor of the glassmaker.In the company of close friends, the taciturn Marinot opens up and speaks about his art. The Mérat family becomes a privileged witness to his successes, which mostly take place far away in Paris—a city he visits only out of necessity, so absorbed is he in his creative work in Troyes. His glass works earn the admiration of critics and salons alike; his formal explorations influence even Venetian glassmakers. Yet it is in the gardens of the Mérats, the Lévys, and a few close friends that Marinot truly lives.When war breaks out in 1939, Pierre Mérat senior digs a trench in his garden; Marinot decorates it with flowers and garlands. Like the acid that scars glass, the artist transforms wounds and matter into something sublime. In 1944, his studio is destroyed when a bomb sets ablaze a German ammunition convoy stationed nearby. One thousand five hundred canvases and a hundred glass pieces disappear. Pierre Mérat junior remembers the melted glass strewn across the scorched ground, and the sadness of this sensitive figure who would never be the same again.Another key figure in the artist’s life, Pierre Lévy takes in the Marinots, offers them a home, and gradually creation resumes.Days spent together continue, even after the artist’s death in 1960, when his daughter Florence carries on the tradition with the Mérat family, and later the Michauds.Before her death in 1993, Florence donates part of her collection to the Mérat-Michaud family, representing the most varied periods of Marinot’s work: early enameled glass, hot-worked pieces from his mature years, and works that trace both an artistic journey and a friendship.The pieces presented are listed in the catalogue raisonné by Félix Marcilhac, published in 2013, which follows the nomenclature established by the artist (MM, for Maurice Marinot) and later by his daughter (FM, for Florence Marinot).
MAURICE MARINOT (1882-1960)
Petit vase méplat, 1919
细节
MAURICE MARINOT (1882-1960)
Petit vase méplat, 1919
Verre émaillé avec application / enamelled glass with application
14,5 x 9,5 x 6 cm / 5 ¾ x 3 ¾ x 2 3⁄8 in
Signé m. marinot à l'émail dans le décor et portant une étiquette numérotée FM 279 au revers
Petit vase méplat, 1919
Verre émaillé avec application / enamelled glass with application
14,5 x 9,5 x 6 cm / 5 ¾ x 3 ¾ x 2 3⁄8 in
Signé m. marinot à l'émail dans le décor et portant une étiquette numérotée FM 279 au revers
来源
Ancienne collection Mérat-Michaud, France, puis dans la famille par descendance, directement obtenu auprès de l'artiste ou de la famille de l'artiste.
出版
Pour notre exemplaire :
F. Marcilhac, Maurice Marinot (1882-1960), artisan verrier, catalogue raisonné de l'oeuvre de verre, les éditions de l'amateur, Paris, 2013, p. 743, cat FM n. 279.
F. Marcilhac, Maurice Marinot (1882-1960), artisan verrier, catalogue raisonné de l'oeuvre de verre, les éditions de l'amateur, Paris, 2013, p. 743, cat FM n. 279.
荣誉呈献

Capucine Tamboise
Specialist, Head of Sale