EILEEN GRAY (1878-1976)
EILEEN GRAY (1878-1976)
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EILEEN GRAY (1878-1976)
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Provenant de la Fondation Thomas et Doris Ammann
EILEEN GRAY (1878-1976)

Lit 'Persan', vers 1920

细节
EILEEN GRAY (1878-1976)
Lit 'Persan', vers 1920
Chêne et hêtre laqués ; cuir de poulain / lacquered oak and beech ; horse leather
70 x 207 x 101,5 cm / 27 ½ x 81 ½ x 39 7⁄8 in
来源
Galerie Jean Désert, Paris.
Collection Jean Henri-Labourdette, Paris.
Collection Jacques Henri-Labourdette, Paris.
Galerie Dutko, Paris, acquis auprès de cette dernière.
Collection Gilles Peyroulet, Paris, acquis auprès de cette dernière, 1980.
Galerie Vallois, Paris, acquis aupès de cette denrnière, 1988.
Thomas Ammann Fine Art AG, Zurich, acquis auprèsde cette dernière.
出版
Pour notre exemplaire :
F. Baudot, Eileen Gray, Assouline, Paris, 1998, p. 36-37, 77.
B. Salmon et C. Pitiot, Cheska et Bob Vallois : 50 ans de passion Art Déco, Vallois éditions courtes et longues, Paris, 2025, p. 182.

Pour le même modèle :
J. Badovici, 'L'art d'Eileen Gray', Eileen Gray Meubelen en interiors, Wendingen, 1924, n. 6., pl. 6.
P. Garner, Eileen Gray : Designer and Architect, Benedikt Taschen, Cologne, 1993, p. 69.
F. Baudot, Eileen Gray, Assouline, Paris, 1998, p. 52-53, 78.
P. Adam, Eileen Gray : architect designer, Thames & Hudson, Londres, 2000, p. 100.
P. Adam, Eileen Gray : sa vie, son œuvre, éditions de la différence, Paris, 2012, p. 33.
Eileen Gray, catalogue d'exposition, Centre Georges Pompidou, Paris, 20 février-20 mai 2013, p. 56.
Eileen Gray, catalogue d'exposition, Bard Graduate Center Gallery, New York, 29 février-12 juillet 2020, p. 306-307.
B. Salmon et C. Pitiot, Cheska et Bob Vallois : 50 ans de passion Art Déco, Vallois éditions courtes et longues, Paris, 2025, p. 48.

荣誉呈献

Capucine Tamboise
Capucine Tamboise Specialist, Head of Sale

拍品专文

Ce lot sera inclus dans le catalogue raisonné en préparation de Patrice le Faÿ d’Etxepare d’Ibarrola.

Incontournable, le lit Persan d'Eileen Gray consacre la première phase de création de l’artiste, marquée par une approche personnelle, empreinte de poésie et de mystère.
Seuls trois exemplaires de ce modèle sont référencés, tous ayant appartenus à des collectionneurs sophistiqués à l’œil avisé : Juliette Mathieu-Lévy — également connue sous le nom de Suzanne Talbot (exemplaire vendu par Christie's Monaco en 1990), Marthe Régnier (exemplaire vendu par Christie’s Paris en 2016) et enfin Georgette et Jean Henri-Labourdette pour l’exemplaire présenté ici. Mentionné dans l’inventaire de la Galerie Jean Désert, fondée par Eileen Gray en 1922, lors de sa fermeture en 1930, ce lit est alors proposé au prix de 6500 francs. Témoignage du rôle déterminant de ce cercle restreint de mécènes dans le développement de l’œuvre de l’artiste, ces commanditaires au regard novateur permettent à Eileen Gray un cadre propice à l’expérimentation, favorisant la production de pièces uniques ou en très petite série.
Le premier exemplaire de ce modèle est documenté dès 1924 dans l’appartement de Juliette Mathieu-Lévy. La célèbre modiste confiera à Eileen Gray en 1919 l’aménagement de son appartement de la rue de Lota. Gray y déploie une liberté d’invention remarquable, donnant naissance à un ensemble d’une grande cohérence, à la fois maîtrisé et empreint d’une atmosphère presque irréelle. Ce lit, en laque bleue rehaussée d’argent, illustre déjà l’attention portée aux effets de surface.
L’exemplaire Labourdette présenté ici se distingue par une dominante de laque marron, animée de rehauts corail. Cette palette met en évidence les recherches chromatiques menées par Gray dans les années 1920. Les lignes sinueuses, la richesse des textures et la profondeur des surfaces confèrent au meuble une forte dimension sensorielle : il ne se contente pas d’être vu, mais invite au toucher et sollicite l’imaginaire.
'Le mystère des laques et le lent travail des résines montant des profondeurs de la matière pour s’y figer en nappe luisante la fascinèrent’ (E. de Clermont-Tonnerre, ‘Les laques d’Eileen Gray’, Feuillets d’art, mars 1922, n. 3)
Le travail de la laque occupe une place centrale dans l’Œuvre d’Eileen Gray, formée auprès de Seizo Sugawara, elle développera une grande maîtrise de cette technique exigeante. Fascinée par les qualités intrinsèques du matériau et par les traditions artisanales qui lui sont associées, elle en explore les possibilités avec une grande rigueur.
Comme une invitation au voyage, avec le lit Persan, Gray affirme un principe fondamental de sa démarche : l’exploration du potentiel expressif des matériaux. L’œuvre marque également une étape dans l’évolution de son langage formel, caractérisé par une tension entre figuration et abstraction, cette dernière prenant progressivement le dessus. Cette recherche s’inscrit dans les questionnements de la modernité naissante, à travers lui se dessine déjà l’évolution de Gray vers une modernité plus radicale, nourrie par son intérêt croissant pour l’architecture et les nouveaux langages du mouvement moderne, sans jamais renoncer à l'originalité qui caractérise l’ensemble de son Œuvre.
Résolument singulier le nom d’Eileen Gray résonne : cette femme déterminée et indépendante n’appartient à aucun courant artistique, si ce n’est à cette modernité qui lui est propre, à la fois intemporelle et profondément novatrice.

This lot will be included in the catalogue raisonné in preparation by Patrice le Faÿ d’Etxepare d’Ibarrola.


Iconic, the bed 'Persan' by Eileen Gray epitomizes the artist’s early creative phase, marked by a deeply personal approach imbued with poetry and mystery.
Only three examples of this model are known to exist, each having belonged to discerning collectors with a keen eye: Juliette Mathieu-Lévy—also known as Suzanne Talbot (example sold by Christie's Monaco in 1990), Marthe Régnier (example sold by Christie’s Paris in 2016), and finally Georgette and Jean Henri-Labourdette, owners of the present piece. Listed in the inventory of the Galerie Jean Désert, founded by Gray in 1922, at the time of its closure in 1930, the bed was then offered at a price of 6,500 francs. It stands as a testament to the decisive role played by this close circle of patrons in the development of the artist’s work: their forward-thinking vision provided Gray with an environment conducive to experimentation, encouraging the production of unique pieces or works in very limited editions.
The first example of this model is documented as early as 1924 in the apartment of Juliette Mathieu-Lévy. The renowned milliner had entrusted Gray, in 1919, with the design of her apartment on rue de Lota. There, Gray demonstrated remarkable creative freedom, producing a highly cohesive ensemble, both controlled and imbued with an almost dreamlike atmosphere. This bed, in blue lacquer enhanced with silver, already reveals her keen sensitivity to surface effects.
The Labourdette example presented here is distinguished by a dominant brown lacquer, enlivened with coral highlights. This palette underscores Gray’s chromatic explorations in the 1920s. The sinuous lines, richness of textures, and depth of the surfaces lend the piece a strongly sensory dimension: it is not merely meant to be seen, but invites touch and stimulates the imagination.
“The mystery of lacquer and the slow work of resins rising from the depths of the material to congeal into a gleaming surface fascinated her” (E. de Clermont-Tonnerre,
Les laques d’Eileen Gray, Feuillets d’art, March 1922, no. 3).
Lacquer work occupies a central place in Gray’s oeuvre. Trained under Seizo Sugawara, she developed an exceptional mastery of this demanding technique. Fascinated by the intrinsic qualities of the material and the artisanal traditions associated with it, she explored its possibilities with great rigor.
With the 'Persan' bed, Gray asserts a fundamental principle of her practice: the exploration of the expressive potential of materials. The work also marks a stage in the evolution of her formal language, characterized by a tension between figuration and abstraction—the latter gradually prevailing. This line of inquiry aligns with the broader concerns of emerging modernity. It already signals Gray’s shift toward a more radical modernism, nourished by her growing interest in architecture and the new languages of the modern movement, without ever relinquishing the originality that defines her entire work.
Resolutely different, the name Eileen Gray resonates as that of an independent and determined woman, belonging to no artistic movement other than her own—a modernity that is at once timeless and profoundly innovative.

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