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L’Allégorie de la Division religieuse constitue une fascinante visualisation des conflits religieux qui éclatèrent dans la République néerlandaise au début du XVIIe siècle. Ceux-ci virent les Remonstrants, partisans de Jacobus Arminius (1560-1609), se séparer de l’Église réformée néerlandaise, qui suivait essentiellement la doctrine calviniste. Cette rupture donna naissance à la Contre-Remontrance de 1611, qui défendait la Confession belge de l’Église réformée contre les cinq articles de la Remontrance proposés par les disciples d’Arminius, parmi lesquels figuraient notamment les articles aux titres évocateurs la ‘rédemption illimitée’ et la ‘dépravation totale’.
Le chariot réunit deux groupes religieux : les catholiques romains indiquent vers la gauche, tandis que les Remonstrants gesticulent vers la droite. Les deux groupes ont attelé leurs chevaux au chariot et chacun pousse ceux-ci à avancer dans leur propre direction. Quel que soit toutefois le camp victorieux, la Bible, ouverte à même le sol sous le chariot, sera piétinée dans la poussière. Le fait que l’artiste ne considère manifestement aucun des deux groupes comme la solution au débat religieux suggère qu’il appartenait aux Contre-Remonstrants.
L’iconographie est à mettre en rapport avec une gravure anonyme, adaptée pour servir de frontispice au pamphlet de 1618, Den Arminiaenschen Dreck-waghen Gheheel Naer het leven afghebeelt ghelijck de Letters binnen uytwijsen sullen – ‘Le Chariot de fumier arminien, représenté fidèlement d’après nature, comme les inscriptions à l’intérieur le montreront’ (fig. 1). Cette gravure est toutefois bien plus explicitement contre-remonstrante que le tableau, puisqu’elle montre les principaux représentants du mouvement remonstrant emportés dans un chariot sur le ‘wech naer Rom’ – le chemin vers Rome. Le chariot est tiré par deux chevaux tirant dans des directions opposées et s’apprête à écraser sous ses roues la figure de l’Innocence.
L’artiste du présent tableau adopte une approche plus nuancée, en incluant les catholiques romains comme l’option la plus rétrograde des trois possibilités, tout en laissant entendre que la seule manière de sauver la véritable parole de Dieu, symbolisée par la Bible, consiste à adopter le point de vue calviniste et contre-remonstrant.
Une version moins habile du présent tableau, donnée à l’entourage d’Esaias van de Velde (1587-1630), est conservée dans les collections du Museum Catharijneconvent d’Utrecht (inv. StCC s48). Par le passé, il a été suggéré que l’artiste de l’œuvre présentée ici pourrait être Philips Wouwerman (1619-1668), les détails et la musculature des chevaux étant presque identiques à sa manière caractéristique de modeler ces animaux dans ses œuvres. Le sujet du conflit entre les Remonstrants et l’Église réformée néerlandaise demeura populaire jusqu’au début du XVIIIe siècle, lorsque furent peintes des œuvres telles que l’Allégorie de la Dispute théologique entre les Arminiens et leurs adversaires d’Abraham van der Eyck (1684-1724) (musée des Beaux-Arts de Lyon, inv. H 1151).
Le chariot réunit deux groupes religieux : les catholiques romains indiquent vers la gauche, tandis que les Remonstrants gesticulent vers la droite. Les deux groupes ont attelé leurs chevaux au chariot et chacun pousse ceux-ci à avancer dans leur propre direction. Quel que soit toutefois le camp victorieux, la Bible, ouverte à même le sol sous le chariot, sera piétinée dans la poussière. Le fait que l’artiste ne considère manifestement aucun des deux groupes comme la solution au débat religieux suggère qu’il appartenait aux Contre-Remonstrants.
L’iconographie est à mettre en rapport avec une gravure anonyme, adaptée pour servir de frontispice au pamphlet de 1618, Den Arminiaenschen Dreck-waghen Gheheel Naer het leven afghebeelt ghelijck de Letters binnen uytwijsen sullen – ‘Le Chariot de fumier arminien, représenté fidèlement d’après nature, comme les inscriptions à l’intérieur le montreront’ (fig. 1). Cette gravure est toutefois bien plus explicitement contre-remonstrante que le tableau, puisqu’elle montre les principaux représentants du mouvement remonstrant emportés dans un chariot sur le ‘wech naer Rom’ – le chemin vers Rome. Le chariot est tiré par deux chevaux tirant dans des directions opposées et s’apprête à écraser sous ses roues la figure de l’Innocence.
L’artiste du présent tableau adopte une approche plus nuancée, en incluant les catholiques romains comme l’option la plus rétrograde des trois possibilités, tout en laissant entendre que la seule manière de sauver la véritable parole de Dieu, symbolisée par la Bible, consiste à adopter le point de vue calviniste et contre-remonstrant.
Une version moins habile du présent tableau, donnée à l’entourage d’Esaias van de Velde (1587-1630), est conservée dans les collections du Museum Catharijneconvent d’Utrecht (inv. StCC s48). Par le passé, il a été suggéré que l’artiste de l’œuvre présentée ici pourrait être Philips Wouwerman (1619-1668), les détails et la musculature des chevaux étant presque identiques à sa manière caractéristique de modeler ces animaux dans ses œuvres. Le sujet du conflit entre les Remonstrants et l’Église réformée néerlandaise demeura populaire jusqu’au début du XVIIIe siècle, lorsque furent peintes des œuvres telles que l’Allégorie de la Dispute théologique entre les Arminiens et leurs adversaires d’Abraham van der Eyck (1684-1724) (musée des Beaux-Arts de Lyon, inv. H 1151).
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