拍品专文
Ce tableau magistral appartient à l’œuvre de Johannes van Bronchorst (1627-1656), artiste d’une extrême rareté, qui par son clair-obscur vif, le naturalisme de son exécution et l’emploi de modèles tirés du milieu populaire s’inscrit dans le courant du caravagisme romain tardif.
Fils du peintre Jan van Bronchorst (1603-1661), Johannes grandit à Utrecht entouré par les œuvres des grands maîtres de l’école caravagesque de la ville, tels que Gerrit van Honthorst (1592-1656) qui avait été autrefois le maître de son père, et Hendrick Ter Bruggen (1588-1629). L’influence des deux peintres est facile à repérer dans le choix du sujet ci-présent. Or, c’est le passage du jeune artiste à Rome, entre environ 1648 et 1650, qui l’a sans doute le plus formé.
C’est dans la ville éternelle qu’il peut étudier non seulement les œuvres du Caravage (1571-1610) lui-même, mais aussi celles de la première génération de suiveurs, comme Carlo Saraceni (1579-1620), Giovanni Lanfranco (1582-1647) et Giovanni Antonio Galli, dit Lo Spadarino (1585-1652). Or, comme le disent Gianni Papi et Tommasso Borgogelli, c’est l’influence de ce dernier qui se lit le plus distinctement dans le tableau ci-présent (voir G. Papi, op. cit., pp. 233-242 et T. Borgogelli, op. cit., p. 31). Au moment du séjour à Rome de Bronchorst, Lo Spadarino, dernier représentant de la seconde génération de peintres caravagesques, était encore en vie. Il est normal que le jeune artiste, déjà sensible au style d’Honthorst, se laissa séduire par ses œuvres.
Dans cette composition, les trois figures s’apprêtent à jouer de la musique. Les deux hommes âgés, qui accordent leurs instruments, et la jeune cantatrice, qui les attend avec impatience, sont baignés dans une lumière dorée qui fait irruption dans la scène depuis une source extérieure. Cette même lumière fait luire leurs visages, leurs mains, le bois couleur de miel du violon et du théorbe, tandis que les plis de leurs costumes et le fond de la scène sont plongés dans des ombres velouteuses. Bronchorst manipule ainsi le clair-obscur et imprègne sa composition d’une théâtralité sombre.
Si dans les détails réalistes de sa composition, tels que les rides qui plissent le front de l’homme qui joue le théorbe, la barbe grisonnante de l’homme à gauche, ou l’aspect chantourné méticuleux des instruments, ce tableau fait preuve de l’influence caravagesque exercée sur Bronchorst, on y retrouve également un goût pour l’Antique. Comme Valentin de Boulogne (1591-1632) dans Le Concert au bas-relief (musée du Louvre, Paris, inv. 8253), ou Orazio Borgianni (1574-1616) dans Saint Charles Borromée (église Saint-Charles-aux-Quatre-Fontaines, Rome) avant lui, Bronchorst ajoute une dimension historique à son œuvre par l’inclusion du bas-relief à droite. Si l’élément antique est facilement identifié chez Valentin et Borgianni (dans les deux cas, le choix des peintres porte sur les Noces de Pélée et de Thétis [musée du Louvre, Paris, inv. CP 4172]), le présent relief reste pour le moment non identifié. Il est possible qu’il représente une victoire ailée, ce qui soulignerait la symbolique du sujet choisit : la victoire de l’accord sur le désaccord.
On retrouve le modèle du joueur de théorbe, facilement repérable par le petit grain de beauté sur sa joue droite, son long nez et ses yeux creux, dans d’autres tableaux de Bronchorst. Il se trouve notamment dans l’unique œuvre signée de l’artiste, le Saint Barthélémy actuellement conservé dans la collection des princes de Lichtenstein (fig. 1, inv. GE119). Selon Papi (voir op. cit., p. 236), les deux œuvres datent de la période italienne de l’artiste. Deux autres scènes de concerts incluent également ce même joueur de théorbe, l’une actuellement conservée au Virginia Museum of Fine Arts (fig. 2, inv. 58.19) et l’autre à Stockholm dans le Stiffelsen Musikulturens Främjande (collection Rudolf Nydahl).
Nous tenons à remercier Dr. Thomas Döring et Dr. Tommasso Borgogelli d’avoir confirmé l’attribution du tableau à l’artiste sur base d’un examen photographique de l’œuvre.
Fils du peintre Jan van Bronchorst (1603-1661), Johannes grandit à Utrecht entouré par les œuvres des grands maîtres de l’école caravagesque de la ville, tels que Gerrit van Honthorst (1592-1656) qui avait été autrefois le maître de son père, et Hendrick Ter Bruggen (1588-1629). L’influence des deux peintres est facile à repérer dans le choix du sujet ci-présent. Or, c’est le passage du jeune artiste à Rome, entre environ 1648 et 1650, qui l’a sans doute le plus formé.
C’est dans la ville éternelle qu’il peut étudier non seulement les œuvres du Caravage (1571-1610) lui-même, mais aussi celles de la première génération de suiveurs, comme Carlo Saraceni (1579-1620), Giovanni Lanfranco (1582-1647) et Giovanni Antonio Galli, dit Lo Spadarino (1585-1652). Or, comme le disent Gianni Papi et Tommasso Borgogelli, c’est l’influence de ce dernier qui se lit le plus distinctement dans le tableau ci-présent (voir G. Papi, op. cit., pp. 233-242 et T. Borgogelli, op. cit., p. 31). Au moment du séjour à Rome de Bronchorst, Lo Spadarino, dernier représentant de la seconde génération de peintres caravagesques, était encore en vie. Il est normal que le jeune artiste, déjà sensible au style d’Honthorst, se laissa séduire par ses œuvres.
Dans cette composition, les trois figures s’apprêtent à jouer de la musique. Les deux hommes âgés, qui accordent leurs instruments, et la jeune cantatrice, qui les attend avec impatience, sont baignés dans une lumière dorée qui fait irruption dans la scène depuis une source extérieure. Cette même lumière fait luire leurs visages, leurs mains, le bois couleur de miel du violon et du théorbe, tandis que les plis de leurs costumes et le fond de la scène sont plongés dans des ombres velouteuses. Bronchorst manipule ainsi le clair-obscur et imprègne sa composition d’une théâtralité sombre.
Si dans les détails réalistes de sa composition, tels que les rides qui plissent le front de l’homme qui joue le théorbe, la barbe grisonnante de l’homme à gauche, ou l’aspect chantourné méticuleux des instruments, ce tableau fait preuve de l’influence caravagesque exercée sur Bronchorst, on y retrouve également un goût pour l’Antique. Comme Valentin de Boulogne (1591-1632) dans Le Concert au bas-relief (musée du Louvre, Paris, inv. 8253), ou Orazio Borgianni (1574-1616) dans Saint Charles Borromée (église Saint-Charles-aux-Quatre-Fontaines, Rome) avant lui, Bronchorst ajoute une dimension historique à son œuvre par l’inclusion du bas-relief à droite. Si l’élément antique est facilement identifié chez Valentin et Borgianni (dans les deux cas, le choix des peintres porte sur les Noces de Pélée et de Thétis [musée du Louvre, Paris, inv. CP 4172]), le présent relief reste pour le moment non identifié. Il est possible qu’il représente une victoire ailée, ce qui soulignerait la symbolique du sujet choisit : la victoire de l’accord sur le désaccord.
On retrouve le modèle du joueur de théorbe, facilement repérable par le petit grain de beauté sur sa joue droite, son long nez et ses yeux creux, dans d’autres tableaux de Bronchorst. Il se trouve notamment dans l’unique œuvre signée de l’artiste, le Saint Barthélémy actuellement conservé dans la collection des princes de Lichtenstein (fig. 1, inv. GE119). Selon Papi (voir op. cit., p. 236), les deux œuvres datent de la période italienne de l’artiste. Deux autres scènes de concerts incluent également ce même joueur de théorbe, l’une actuellement conservée au Virginia Museum of Fine Arts (fig. 2, inv. 58.19) et l’autre à Stockholm dans le Stiffelsen Musikulturens Främjande (collection Rudolf Nydahl).
Nous tenons à remercier Dr. Thomas Döring et Dr. Tommasso Borgogelli d’avoir confirmé l’attribution du tableau à l’artiste sur base d’un examen photographique de l’œuvre.
.jpg?w=1)
.jpg?w=1)
.jpg?w=1)
.jpg?w=1)
