JEAN GOULDEN (1878-1946)
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JEAN GOULDEN (1878-1946)

Coffret au coeur, pièce unique, 1925

细节
JEAN GOULDEN (1878-1946)
Coffret au coeur, pièce unique, 1925
Cuivre et émail champlevé / champlevé enamel and copper
6,5 x 18,5 x 10,5 cm / 2 ½ x 7 ¼ x 4 ¼ in
Signé JEAN GOULDEN, daté 1925 et numéroté XVIII au revers
来源
Collection François-Louis Schmied, proche de l'artiste.
Galerie du Luxembourg, Paris.
Collection privée, Paris, acquis vers 1978 à Drouot.
出版
Pour notre exemplaire :
Jean Dunand Jean Goulden, catalogue d'exposition, Galerie du Luxembourg, Paris, mai-juillet 1973, p. 110 n. 137.
Objekte der zwanziger jahre, catalogue d'exposition, Galerie Wolfgang Ketterer, Munich, 13 décembre 1973-24 mars 1974, n. p.
Y. Brunhammer, Le Style 1925, Baschet, Paris, n. d., p. 129.
V. Arwas, Art Deco, Academy Editions, Londres, 1980, p. 21.
B. Goulden, Jean Goulden, éditions du regard, Paris, 1989, p. 58.
展览
Le groupe Dunand, Goulden, Jouve, Schmied, Galeries Georges Petit, Paris, 15 décembre-31 décembre 1925.
Jean Dunand, Jean Goulden, Galerie du Luxembourg, Paris, mai-juillet 1973.

荣誉呈献

Capucine Tamboise
Capucine Tamboise Specialist, Head of Sale

拍品专文

La maquette préparatoire de ce lot intitulée N. XVIII, Coffret : Composition géométrique est conservée dans les collection permanentes du Musée des Beaux-Arts de Reims (n. 2007.2.1.19).

Jean Goulden naît à Charpentry dans la Meuse en 1878, dans une famille de tradition protestante. En 1884, la famille s’installe à Reims, car son père rejoint son oncle Charles Auguste Goulden, qui hérite de la Maison de champagne Heidsieck & Cie à la mort de sa femme.
Jean Goulden vit entre Reims et Paris, il étudie de 1892 à 1897, à l’école Alsacienne avec son frère Auguste. Il épouse sa cousine Sybille Marion Bullock-Hall (1880-1932) en 1904 à Saint-Raphaël, il a 26 ans. Etudiant en médecine à Paris, il soutient sa thèse de doctorat sur la physiologie du cœur isolé deux ans plus tard et exerce en tant que médecin externe des Hôpitaux de Paris, à l’hôpital Laennec dès 1908. Finalement avec leur deux filles, Marie-Elizabeth (1904) et Eléonore (1907), ils quittent Paris pour habiter Valescure, près de Saint-Raphaël.
La Première guerre mondiale éclate, il rejoint en 1915 le Front de Salonique en tant que médecin major et participe aux travaux scientifiques de l’Armée entre 1915 et 1918. Misères et violences quotidiennes sur le front sont heureusement estompées par d’importantes rencontres : Paul Jouve (1878-1973) peintre animalier qui illustre « Le livre de la jungle » avec le graveur et imprimeur François-Louis Schmied (1873-1941) et l’artiste Jean Lambert-Rucki (1888-1967) affecté au service archéologique de Salonique sous la direction de Jean Guiffrey (1870-1952) commandant de la section photographique de l’armée d’Orient.
Malade, Jean Goulden entre en convalescence à Salonique, puis sur le mont Athos, dans le monastère des quarante mystères, il y révèle son goût pour le dessin et la peinture et découvre la beauté des émaux champlevés, une expression remarquable de la chrétienté, apparue au 6ème siècle. A son retour en France en 1917, sa femme se sépare de lui et se remarie avec René Godfroy (1885-1981) un officier de marine.
Il entame une nouvelle vie comme artiste peintre et émailleur, les paysages de Champagne et ses souvenirs d’Orient nourrissent son imaginaire et ses premières œuvres. Jean Dunand (1877-1942) dinandier et laqueur, ami suisse de François-Louis Schmied l’accompagne dans l’art de l’émail. Une période d’intense activité commence, il retrouve Jean Guiffrey, futur conservateur au musée du Louvre et au musée du Luxembourg qui préside le Groupe des 4 « Jean Dunand, Jean Goulden, François-Louis Schmied, Paul Jouve ». Pendant plus de dix ans de 1921 à 1933 ils exposent ensemble à la galerie Georges Petit à Paris. Aux murs de grands panneaux de Jouve et de Dunand alternent avec les objets de Jean Goulden et les livres de Francois Louis Schmied présentés dans les vitrines. Leurs travaux quoique très différents par leur technique, sont en symbiose sur le plan de la rigueur et de l’innovation artistique. Parfois les œuvres sont réalisées conjointement, par exemple plusieurs meubles dessinés par Jean Goulden sont laqués par Jean Dunand ou des ouvrages sont illustrés par Schmied d’après les peintures de Jean Goulden ou de Paul Jouve.
Les expositions sont attendues, la presse est élogieuse et la clientèle au rendez-vous. Jean Goulden est présent en 1925 à l’exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes. Cette période témoigne d’un goût très prononcé pour l’abstraction qu’il semble faire naitre de l’observation synthétique de la nature.
Le coffret présenté à la vente, en émail champlevé sans dorure sur cuivre est exposé en 1925 aux galeries Georges Petit en décembre. Il exprime la subtilité de la recherche de Jean Goulden, véritable chef d’œuvre « Art Déco », il distille des aplats de couleurs profondes qui se rencontrent en un puzzle énigmatique, signe d’une quête de contraste, de densité avec quelques allusions narratives comme le cœur, en écho au soleil rouge qui orne le couvercle du coffret.
Ses plaques, ses boîtes, ses coupes sont de véritables manifestes abstraits, les œuvres plus figuratives témoignent toujours d’une composition rigoureuse. Dans la revue The Studio d’octobre 1928, le journaliste évoque le travail de Jean Goulden « (il) travaille seul à produire des pièces uniques et qui sont attendues par les collectionneurs avec impatience. Ces émaux ont la richesse et la splendeur des pierres précieuses … »
Il se remarie en 1925 avec Louise Schmied dite Dolly, fille de son ami. Avec la naissance de trois enfants, ils décident d’aller s’installer à Reims où il peut exercer son métier plus sereinement. Il aime aussi à se ressourcer en Bretagne à Buguelès sur la commune de Penvenan dans les côtes d’Armor, il s’y installe l’été avec sa famille chez Léonide Marchal, peintre originaire de la Meuse qui lui léguera cette maison à son décès en 1933.
Dans les années 30, alors que le succès grandit, la crise financière mondiale bouscule le paysage. Le monde de l’art est touché, à la dernière exposition du groupe en 1933, un article du Figaro annonce la fin de l’âge d’or. Heureusement en 1935, il reçoit une commande prestigieuse, un coffret en triptyque, un cadeau pour le jubilé d’argent du roi George V et de la reine Mary, financé par les maisons de Champagne.
Il se remet à la peinture et réintroduit des sujets plus réalistes, des marines, des natures mortes, des scènes familières. En 1940, à l’âge de 62 ans il est veuf, seul avec ses trois enfants. En 1942, il peint à Buguelès la matière et la couleur de la mer. Il écrit son journal pour meubler sa solitude et retrouve ses amis à Reims. Il décède en 1946, à la suite d’une longue maladie.

The sketch for this piece, entitled
N. XVIII, Coffret : Composition géométrique is conserved in the permanent collection of the Musée des Beaux-Arts de Reims (n. 2007.2.1.19).

Jean Goulden was born in Charpentry in the Meuse region in 1878, into a family of Protestant tradition. In 1884, the family moved to Reims, as his father joined his uncle Charles Auguste Goulden, who inherited the champagne house Heidsieck & Cie after the death of his wife.
Jean Goulden lived between Reims and Paris. From 1892 to 1897, he studied at the École Alsacienne with his brother Auguste. He married his cousin Sybille Marion Bullock-Hall (1880–1932) in 1904 in Saint-Raphaël, at the age of 26. A medical student in Paris, he defended his doctoral thesis on the physiology of the isolated heart two years later and worked as a resident physician in the Paris hospitals, notably at Laennec Hospital from 1908. Eventually, with their two daughters, Marie-Elizabeth (1904) and Eléonore (1907), the family left Paris to live in Valescure, near Saint-Raphaël.
When the First World War broke out, he joined the Salonika Front in 1915 as a senior medical officer and took part in the Army’s scientific work between 1915 and 1918. The daily misery and violence of the front were fortunately softened by important encounters: the animal painter Paul Jouve (1878–1973), who illustrated The Jungle Book with the engraver and printer François-Louis Schmied (1873–1941), and the artist Jean Lambert-Rucki (1888–1967), assigned to the archaeological service of Salonika under the direction of Jean Guiffrey (1870–1952), commander of the photographic section of the Army of the East.
Falling ill, Jean Goulden went into convalescence in Salonika, then on Mount Athos, in the Monastery of the Forty Mysteries. There he revealed his taste for drawing and painting and discovered the beauty of champlevé enamels, a remarkable expression of Christianity that appeared in the 6th century. Upon returning to France in 1917, his wife separated from him and later remarried René Godfroy (1885–1981), a naval officer.
He began a new life as a painter and enameller. The landscapes of Champagne and his memories of the East nourished his imagination and his early works. Jean Dunand (1877–1942), a coppersmith and lacquer artist and a Swiss friend of François-Louis Schmied, guided him in the art of enamel. A period of intense activity began: he reconnected with Jean Guiffrey, future curator at the Louvre and the Musée du Luxembourg, who presided over the “Group of Four” (Jean Dunand, Jean Goulden, François-Louis Schmied, Paul Jouve). For more than ten years, from 1921 to 1933, they exhibited together at the Galerie Georges Petit in Paris. On the walls, large panels by Jouve and Dunand alternated with Goulden’s objects and Schmied’s books displayed in showcases. Though technically very different, their works were in harmony through their rigor and artistic innovation. At times, works were created collaboratively—for example, furniture designed by Goulden was lacquered by Dunand, or books illustrated by Schmied based on paintings by Goulden or Jouve.
Their exhibitions were eagerly awaited, the press was enthusiastic, and clients responded positively. Jean Goulden took part in the 1925 International Exhibition of Modern Decorative and Industrial Arts. This period reflects a strong inclination toward abstraction, which he seemed to derive from a synthetic observation of nature.
The box presented for sale, a champlevé enamel on copper without gilding, was exhibited in December 1925 at the Galerie Georges Petit. It expresses the subtlety of Goulden’s research and stands as a true Art Deco masterpiece. It features deep fields of color arranged like an enigmatic puzzle, reflecting a search for contrast and density, with a few narrative hints such as the heart, echoing the red sun adorning the lid of the box.
His plaques, boxes, and bowls are true abstract manifestos, while his more figurative works always demonstrate rigorous composition. In The Studio (October 1928), a journalist wrote of his work: “He works alone to produce unique pieces that collectors eagerly await. These enamels possess the richness and splendor of precious stones…”
He remarried in 1925 to Louise Schmied, known as Dolly, the daughter of his friend. With the birth of three children, they decided to settle in Reims, where he could pursue his work more peacefully. He also enjoyed retreating to Brittany, in Buguelès in the commune of Penvénan (Côtes-d’Armor), where he spent summers with his family at the home of Léonide Marchal, a painter from the Meuse, who bequeathed the house to him upon his death in 1933.
In the 1930s, as his success grew, the global financial crisis disrupted the landscape. The art world was affected; at the group’s final exhibition in 1933, an article in Le Figaro announced the end of a golden age. Fortunately, in 1935, he received a prestigious commission: a triptych casket as a gift for the silver jubilee of King George V and Queen Mary, financed by the Champagne houses.
He returned to painting and reintroduced more realistic subjects—seascapes, still lifes, and familiar scenes. In 1940, at the age of 62, he was widowed, left alone with his three children. In 1942, in Buguelès, he painted the material and colors of the sea. He kept a journal to fill his solitude and reconnected with friends in Reims. He died in 1946 after a long illness.

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