拍品专文
Ce modèle est référencé sous le numéro 2203 (Nouveau référencier) dans les archives Ruhlmann conservées au Musée des Années 30, Boulogne-Billancourt.
Il s'agit d'une variante du modèle initial présenté au Salon d'Automne en 1913 avec des pieds de section carrée.
Le cabinet Triplan présenté ici s’inscrit comme une des pièces les plus raffinées d’Émile-Jacques Ruhlmann. Conçu dans le contexte de l’essor des arts décoratifs après la Première Guerre mondiale, ce meuble incarne pleinement la vision de son créateur : une modernité élégante, nourrie par la tradition et destinée à une clientèle exigeante. Issu d’un modèle initial présenté au Salon d’Automne de 1913, le Triplan évolue dans les années vingt vers une forme plus élancée et précieuse, les pieds « gaine » à sections carrées se transforment alors en pieds fuseaux. Traité à la fois comme secrétaire et comme cabinet visible sur toutes ses faces, il témoigne d’une conception globale du meuble, pensé pour être admiré dans l’espace. Sa silhouette se distingue par la finesse de ses proportions et l’élancement de ses lignes. Les pieds fuseaux, délicatement galbés donnent au meuble une impression de légèreté, comme suspendu le meuble est « posé sur des pointes de compas et non sur des pieds » (E. Tisserand, Art Vivant, juin 1928). Cette sensation est renforcée par le léger retrait du plateau et par la rigueur géométrique de l’ensemble. Le décor révèle toute la virtuosité de Ruhlmann. Le placage en loupe d’amboine est ici sublimé par des incrustations d’ivoire d’une extrême finesse. La marqueterie du plateau, réalisée par Eugénie O’Kin, évoquant un tapis aux franges stylisées, témoigne d’un souci du détail exceptionnel et d’un goût pour les effets subtils plutôt que démonstratifs. Au-delà de ses qualités formelles et techniques, le cabinet Triplan reflète l’esthétique de Ruhlmann : créer des oeuvres d’un luxe discret, où la complexité de fabrication s’efface derrière une apparente simplicité. « Les oeuvres réalisées au prix d’un grand travail, doivent paraître, en dépit de la vérité, faciles et conçues sans effort. La grande règle est de se donner beaucoup de peine pour créer des choses qui semblent n’en avoir coûté aucune. » Michel Ange (F. Camard, Jacques Emile Ruhlmann, Monelle Hayot, 2009, p. 463, cité) pouvait-on lire dans le bureau d’étude de Ruhlmann. Le cabinet Triplan s’impose non seulement comme un meuble fonctionnel, mais comme une véritable oeuvre d’art, emblématique dustyle précieux et du raffinement qui fit le succès de Ruhlmann et, plus largement, de l’Art Déco français.
This model is referenced under number 2203 (Nouveau référencier) in the Ruhlmann archives, Musée des Années 30, Boulogne-Billancourt.
It is a variation of the original model exhibited at the Salon d'Automne in 1913 with square-section legs.
The present Triplan cabinet stands as one of the most refined creations by Émile-Jacques Ruhlmann. Conceived during the Golden Age of decorative arts following the First World War, this piece fully embodies the designer’s vision: an elegant modernity rooted in tradition and intended for a discerning clientele. A variant of a model first exhibited at the Salon d’Automne in 1913, the Triplan evolved duringthe 1920s toward a more slender and precious form. The original square-section “gaine” legs were transformed into tapered, spindleshaped supports. Conceived both as a secrétaire and as a cabinet to be viewed from all sides, it reflects a comprehensive approach to furniture design, intended to be appreciated within the round. Its silhouette is distinguished by the subtleness of its proportions and the elegance of its elongated lines. The delicately curved spindle legs impart a sense of lightness, as if the piece were suspended—“resting on compass points rather than on feet,” as noted by E. Tisserand (Art Vivant, June 1928). This impression is further enhanced by the slightly recessed top and the overall geometric rigor of the composition. The decoration reveals the full virtuosity of Ruhlmann. The amboyna burl veneer is elevated by exquisitely fine ivory inlays. The marquetry of the top, executed by Eugénie O’Kin, evokes a carpet with stylized fringes, demonstrating an exceptional attention to detail and a preference for subtle, understated effects over overt display. Beyond its formal and technical qualities, the Triplan cabinet reflects Ruhlmann’s aesthetic ideal: to create works of discreet luxury in which the complexity of craftsmanship is concealed behind an appearance of effortless simplicity. As inscribed in his studio, quoting Michelangelo, “Works executed at the cost of great effort must appear, despite the truth, easy and conceived without strain. The great rule is to take great pains to create things that seem to have cost none.” The Triplan cabinet thus stands not only as a functional piece of furniture, but as a true work of art, emblematic of the precious styleand refinement that defined Ruhlmann’s success and, more broadly, that of French Art Deco.
Il s'agit d'une variante du modèle initial présenté au Salon d'Automne en 1913 avec des pieds de section carrée.
Le cabinet Triplan présenté ici s’inscrit comme une des pièces les plus raffinées d’Émile-Jacques Ruhlmann. Conçu dans le contexte de l’essor des arts décoratifs après la Première Guerre mondiale, ce meuble incarne pleinement la vision de son créateur : une modernité élégante, nourrie par la tradition et destinée à une clientèle exigeante. Issu d’un modèle initial présenté au Salon d’Automne de 1913, le Triplan évolue dans les années vingt vers une forme plus élancée et précieuse, les pieds « gaine » à sections carrées se transforment alors en pieds fuseaux. Traité à la fois comme secrétaire et comme cabinet visible sur toutes ses faces, il témoigne d’une conception globale du meuble, pensé pour être admiré dans l’espace. Sa silhouette se distingue par la finesse de ses proportions et l’élancement de ses lignes. Les pieds fuseaux, délicatement galbés donnent au meuble une impression de légèreté, comme suspendu le meuble est « posé sur des pointes de compas et non sur des pieds » (E. Tisserand, Art Vivant, juin 1928). Cette sensation est renforcée par le léger retrait du plateau et par la rigueur géométrique de l’ensemble. Le décor révèle toute la virtuosité de Ruhlmann. Le placage en loupe d’amboine est ici sublimé par des incrustations d’ivoire d’une extrême finesse. La marqueterie du plateau, réalisée par Eugénie O’Kin, évoquant un tapis aux franges stylisées, témoigne d’un souci du détail exceptionnel et d’un goût pour les effets subtils plutôt que démonstratifs. Au-delà de ses qualités formelles et techniques, le cabinet Triplan reflète l’esthétique de Ruhlmann : créer des oeuvres d’un luxe discret, où la complexité de fabrication s’efface derrière une apparente simplicité. « Les oeuvres réalisées au prix d’un grand travail, doivent paraître, en dépit de la vérité, faciles et conçues sans effort. La grande règle est de se donner beaucoup de peine pour créer des choses qui semblent n’en avoir coûté aucune. » Michel Ange (F. Camard, Jacques Emile Ruhlmann, Monelle Hayot, 2009, p. 463, cité) pouvait-on lire dans le bureau d’étude de Ruhlmann. Le cabinet Triplan s’impose non seulement comme un meuble fonctionnel, mais comme une véritable oeuvre d’art, emblématique dustyle précieux et du raffinement qui fit le succès de Ruhlmann et, plus largement, de l’Art Déco français.
This model is referenced under number 2203 (Nouveau référencier) in the Ruhlmann archives, Musée des Années 30, Boulogne-Billancourt.
It is a variation of the original model exhibited at the Salon d'Automne in 1913 with square-section legs.
The present Triplan cabinet stands as one of the most refined creations by Émile-Jacques Ruhlmann. Conceived during the Golden Age of decorative arts following the First World War, this piece fully embodies the designer’s vision: an elegant modernity rooted in tradition and intended for a discerning clientele. A variant of a model first exhibited at the Salon d’Automne in 1913, the Triplan evolved duringthe 1920s toward a more slender and precious form. The original square-section “gaine” legs were transformed into tapered, spindleshaped supports. Conceived both as a secrétaire and as a cabinet to be viewed from all sides, it reflects a comprehensive approach to furniture design, intended to be appreciated within the round. Its silhouette is distinguished by the subtleness of its proportions and the elegance of its elongated lines. The delicately curved spindle legs impart a sense of lightness, as if the piece were suspended—“resting on compass points rather than on feet,” as noted by E. Tisserand (Art Vivant, June 1928). This impression is further enhanced by the slightly recessed top and the overall geometric rigor of the composition. The decoration reveals the full virtuosity of Ruhlmann. The amboyna burl veneer is elevated by exquisitely fine ivory inlays. The marquetry of the top, executed by Eugénie O’Kin, evokes a carpet with stylized fringes, demonstrating an exceptional attention to detail and a preference for subtle, understated effects over overt display. Beyond its formal and technical qualities, the Triplan cabinet reflects Ruhlmann’s aesthetic ideal: to create works of discreet luxury in which the complexity of craftsmanship is concealed behind an appearance of effortless simplicity. As inscribed in his studio, quoting Michelangelo, “Works executed at the cost of great effort must appear, despite the truth, easy and conceived without strain. The great rule is to take great pains to create things that seem to have cost none.” The Triplan cabinet thus stands not only as a functional piece of furniture, but as a true work of art, emblematic of the precious styleand refinement that defined Ruhlmann’s success and, more broadly, that of French Art Deco.
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