PIETRO BELLOTTI (VENISE 1725-1804⁄1805 TOULOUSE ?)
PIETRO BELLOTTI (VENISE 1725-1804⁄1805 TOULOUSE ?)
PIETRO BELLOTTI (VENISE 1725-1804⁄1805 TOULOUSE ?)
PIETRO BELLOTTI (VENISE 1725-1804⁄1805 TOULOUSE ?)
3 更多
LA VIE DE PIETRO BELLOTTIPietro Bellotti (1725-1804⁄1805) était le frère cadet de Bernardo Bellotto (1722-1780) et, comme lui, il utilisa souvent le surnom ‘Canaletto’ sous lequel leur oncle maternel, Antonio Canal (1697-1768), était connu. Les recherches de Charles Beddington et de Domenico Crivellari, publiées dans le catalogue de l’exposition Pietro Bellotti : un altro Canaletto (Ca’ Rezzonico, Venise, 2013-2014, voir infra), ont permis de mieux cerner une carrière soutenue, quoique parfois itinérante, qui débuta manifestement dans l’atelier de son oncle et mena l’artiste partout en Europe.Né à Venise au sein de la plus grande famille de vedutistes, l’aspect le plus surprenant de la carrière de Pietro est la manière dont son œuvre diffère de celui des autres membres de sa famille. Il développa une esthétique propre, distincte de celle de son frère aîné Bernardo, malgré des sources documentaires attestant qu’il fut formé auprès de lui durant une année, en 1741-1742. Son coloris est d’une invention personnelle, caractérisé notamment par un turquoise vif pour l’eau, des tons brun clair pour les bâtiments et des accents rouges et bleus éclatants dans les figures (fig. 1).Tout comme son célèbre oncle et son frère aîné, Pietro quitta sa ville natale afin de rencontrer d’autres mécènes. Même si les dates exactes de toutes ses pérégrinations ne nous sont pas connues, certains événements permettent d’en suivre le parcours. Il dut rencontrer sa femme, une Française, à Gênes vers 1745, puisque leur premier enfant naquit à Toulouse à la fin de 1746 ou au début de 1747. Le couple revint à Gênes, où il se maria le 12 juin, mais n’y resta pas longtemps, puisque leur deuxième enfant fut baptisé à Toulouse en mars 1749. À partir de cette date, Bellotti ne retourna plus en Italie et sa vie devint de plus en plus itinérante. Il voyagea tantôt en famille, tantôt seul, passant des années à Nantes, Besançon, Lille, Paris et Londres. Fait curieux dans l’œuvre de Pietro Bellotti, malgré tous ses voyages, il ne travaillait pas d’après nature : il préférait fonder ses vues des grandes villes européennes sur des gravures célèbres.NOTE SUR LA PROVENANCEEn 1765, un certain ‘M. Dupré, peintre’, prêta une série de vingt œuvres de Pietro Bellotti au Salon de l’Académie royale de peinture et de sculpture de Toulouse. En 1972, Robert Mesuret identifia cette série comme étant celle conservée au château de Merville, près de Toulouse, la seule série de plus de quatre œuvres de l’artiste connue à ce jour (voir R. Mesuret, Les expositions de l'Académie royale de Toulouse de 1751 à 1791, Toulouse, 1972, p. 151). Toutes ces œuvres peuvent être datées d’avant 1762 environ, date à laquelle l’artiste quitta Toulouse pour l’Angleterre.Il est possible que ledit M. Dupré, en choisissant de prêter la série au Salon, ait représenté Françoise Bellotti, l’épouse de Pietro, qui souffrait financièrement de la longue absence de son époux. Les œuvres auraient été acquises à cette époque par Henri-Auguste de Chalvet de Rochemonteix (1713-1773), qui s’employait à décorer sa nouvelle résidence de campagne, le château de Merville, construit entre 1743 et 1759. Chalvet connaissait déjà l’œuvre de l’artiste, ayant acheté une ‘perspective par Belloti’ avant 1761, date à laquelle l’œuvre fut prêtée pour l’exposition annuelle de l’Académie royale de Toulouse (voir R. Mesuret, 1972, op. cit., p. 10 et p. 97).Comme Beddington et Crivellari l’avancent dans Pietro Bellotti : un altro Canaletto, ces œuvres furent assurément conçues comme une seule et même série. Elles sont toutes sur leurs toiles d’origine, avec châssis et cadres d’origine, témoignant de la cohérence de leur exécution. La présence de signatures, d’inscriptions et de ce qui semble être la numérotation originale (fig. 2) devait revêtir une certaine importance pour le commanditaire et semble exclure la possibilité d’un regroupement arbitraire (voir C. Beddington, D. Crivellari, Pietro Bellotti : un altro Canaletto, [cat. exp.], Trente, 2013, p. 65).THE LIFE OF PIETRO BELLOTTIPietro Bellotti (1725-1804⁄1805) was the younger brother of Bernardo Bellotto (1722-1780) and, like him, he often used the nickname 'Canaletto,' under which their maternal uncle, Antonio Canal (1697-1768), was famously known. Research by Charles Beddington and Domenico Crivellari, published in the catalogue of the exhibition Pietro Bellotti : un altro Canaletto (Ca’ Rezzonico, Venise, 2013-2014, see infra), has helped to better define a sustained, though at times itinerant, career that evidently began in his uncle’s workshop and took the artist throughout Europe.Born in Venice into the most prominent family of vedutisti, the most surprising aspect of Pietro’s career is how his work differs from that of the other members of his family. He developed a personal aesthetic distinct from that of his elder brother Bernardo, despite documentary evidence showing that he trained with him for a year, in 1741-1742. His colouring is highly original, notably characterized by vivid turquoise for water, light brown tones for buildings, and bright red and blue accents in the figures (fig. 1).Like his famous uncle and elder brother, Pietro left his native city in search of patrons. Although the exact dates of all his travels are not known, certain events help trace his movements. He likely met his wife, a Frenchwoman, in Genoa around 1745, as their first child was born in Toulouse in late 1746 or early 1747. The couple returned to Genoa, where they married on June 12, but did not remain long, since their second child was baptized in Toulouse in March 1749. From that point on, Bellotti never returned to Italy, and his life became increasingly itinerant. He traveled sometimes with his family, sometimes alone, spending years in Nantes, Besançon, Lille, Paris, and London. Curiously, despite all his travels, Bellotti did not work from life; he preferred to base his views of major European cities on well-known engravings.A NOTE ON THE PROVENANCEIn 1765, a certain 'M. Dupré, painter,' lent a series of twenty works by Pietro Bellotti to the Salon of the Royal Academy of Painting and Sculpture of Toulouse. In 1972, Robert Mesuret identified this series as the one preserved at the Château de Merville, near Toulouse, the only series of more than four works by the artist known to date (see R. Mesuret, Les expositions de l'Académie royale de Toulouse de 1751 à 1791, Toulouse, 1972, p. 151). All these works can be dated to before circa 1762, when the artist left Toulouse for England.It is possible that M. Dupré, in choosing to lend the series to the Salon, was acting on behalf of Françoise Bellotti, Pietro’s wife, who was suffering financially due to her husband’s long absence. The works may have been acquired at that time by Henri-Auguste de Chalvet de Rochemonteix (1713-1773), who was decorating his new country residence, the Château de Merville, built between 1743 and 1759. Chalvet was already familiar with the artist’s work, having purchased a 'perspective by Belloti' before 1761, when it was lent to the annual exhibition of the Royal Academy of Toulouse (see R. Mesuret, 1972, op. cit., p. 10 and p. 97).As Beddington and Crivellari suggest in Pietro Bellotti : un altro Canaletto, these works were clearly conceived as a single series. They are all on their original canvases, with original stretchers and frames, demonstrating the coherence of their execution. The presence of signatures, inscriptions, and what appears to be original numbering (fig. 2) suggests particular importance for the patron and rules out the possibility of an arbitrary grouping (see C. Beddington, D. Crivellari, Pietro Bellotti : un altro Canaletto, [exh. cat.], Trento, 2013, p. 65).
PIETRO BELLOTTI (VENISE 1725-1804⁄1805 TOULOUSE ?)

Vue du Môle avec le palais des Doges

细节
PIETRO BELLOTTI (VENISE 1725-1804⁄1805 TOULOUSE ?)
Vue du Môle avec le palais des Doges
inscrit '4' (au revers, sur le châssis)
huile sur toile, sur sa toile et son châssis d'origine
38 x 48,7 cm (15 x 19 3⁄16 in.)
来源
Monsieur Dupré, peintre, Toulouse, jusqu'en 1765 (selon R. Mesuret, 1972, voir infra) ;
[Probablement] acquis auprès de celui-ci par Henri-Auguste de Chalvet-Rochemonteix (1713-1772), sénéchal, gouverneur de Toulouse & pays d'Albigeois, château du sud-ouest de la France ;
Puis par descendance dans la famille à l'actuel propriétaire.
出版
R. Mesuret, 'Pietro Bellotti, un veneziano di Tolosa', Arte Veneta, 1952, 6e année, p. 172, reproduit en noir et blanc p. 171, fig. 194.
W. G. Constable, Canaletto. Giovanni Antonio Canal 1697-1768, Oxford, 1962, II, p. 226, sous le n°101.
R. Mesuret, Les expositions de l'Académie royale de Toulouse de 1751 à 1791, Toulouse, 1972, p. 151, n°1313.
A. van de Sandt et al., 'Alla ricerca di Pietro Bellotti, un veneziano di Tolosa', Saggi e Memorie di storia dell'arte, 2001, XXV, p. 110, reproduit en noir et blanc p. 102, fig. 14.
C. Beddington, 'Pietro Bellotti in England and Elsewhere', The Burlington Magazine, octobre 2007, CXLIX, 1255, p. 678 et p. 684.
展览
Toulouse, Hôtel de Ville, Salon de l'Académie Royale, 1765, n°35 (comme 'Vingt petits Tableaux, par Bellotti, peintre, qui sont des Vuës en perspective. A M. Dupré, peintre' - selon R. Mesuret, 1972, voir infra).
Toulouse, musée Paul-Dupuy, De Bellotti à Wallaert. Les peintres de marine à Toulouse, 1957, n°5.
Toulouse, musée Paul-Dupuy, Les collectionneurs toulousains du XVIIIe siècle. L'Académie royale de peinture, sculpture et architecture (1750-1793), 17 janvier-30 avril 2001, n°29.
Venise, Ca' Rezzonico, Museo del Settecento veneziano, Pietro Bellotti : un altro Canaletto, 7 décembre 2013-28 avril 2014, n°13.
更多详情
PIETRO BELLOTTI (1725-1804⁄1805), VIEW OF THE MOLO WITH THE DOGE'S PALACE, OIL ON CANVAS, UNLINED, ON ITS ORIGINAL STRETCHER, INSCRIBED (ON THE REVERSE)

This lively view of the Molo shows, from left to right, three bays of the Zecca (the Mint) by Sansovino, adjoining his Libreria, behind which rises the Campanile. Beside this is the Piazzetta, with the columns of Saint Theodore and Saint Mark, the Torre dell’Orologio, the southern façade of San Marco flanked by the Doge’s Palace, and, to the right, the Prigioni along with four buildings to the east, the last being the Palazzo Dandolo Gritti Bernardo, dating from the late 14th century. While the basilica was the spiritual heart of the Venetian Republic, the Doge’s Palace, the Libreria, the Zecca, and indeed the Prigioni all played essential roles in the political and cultural life of the Serenissima.

As was often the case, Bellotti took as his starting point works by his uncle Canaletto, who first developed the composition in a drawing around 1729, now in the Royal Collection at Windsor (W. G. Constable, Canaletto, Oxford, 1962, no. 642), including the Bucintoro. This was followed around 1730 by three large-scale paintings: the celebrated masterpiece in the Crespi collection in Milan, the one in the Bowes Museum, and the canvas in the Pushkin Museum in Moscow, acquired by Empress Catherine the Great (ibid., nos. 336, 337, and 338). According to Beddington, the Uffizi painting (fig. 1, ibid., no. 102) probably dates from 1729 and is certainly the earliest view excluding the Bucintoro. Subtle architectural variations can be observed in all of them, and, as always, the ships and figures differ in each of Canaletto’s autograph versions. Like his uncle, Bellotti freely invented these figures, which do not follow any known model.

荣誉呈献

Olivia Ghosh
Olivia Ghosh Specialist

拍品专文

Cette vue animée du Môle montre, de gauche à droite, trois travées de la Zecca (la Monnaie) de Sansovino (1486-1570), attenante à sa Libreria, derrière laquelle s’élève le Campanile. À côté se trouve la Piazzetta, avec les colonnes de saint Théodore et de saint Marc, la Torre dell’Orologio, la façade méridionale de San Marco, flanquée du palais des Doges, et, à droite, le Prigioni ainsi que quatre bâtiments situés à l’est de celui-ci, dont le dernier est le Palazzo Dandolo Gritti Bernardo, datant de la fin du XIVe siècle. Si la basilique constituait le cœur spirituel de la République vénitienne, le palais des Doges, la Libreria, la Zecca et, en effet, le Prigioni jouaient tous des rôles essentiels dans la vie politique et culturelle de la Sérénissime.

Comme c’était souvent le cas, Bellotti prend comme point de départ des œuvres de son oncle Canaletto, qui développa d’abord la composition dans un dessin vers 1729 conservé dans la collection royale à Windsor (W. G. Constable, Canaletto, Oxford, 1962, n°642), incluant le Bucintoro. Celui-ci fut suivi vers 1730 par trois tableaux de très grand format : le célèbre chef-d’œuvre de la collection Crespi à Milan, celui du Bowes Museum et la toile du musée Pouchkine à Moscou, acquise par la tsarine Catherine la Grande (1729-1795) (ibid., n°336, 337 et 338). Selon Beddington, le tableau des Offices (ibid., n°102) date probablement de 1729 et constitue assurément la plus ancienne des vues excluant le Bucintoro. On observe dans toutes de subtiles modifications architecturales et, comme toujours, les navires et les figures diffèrent dans chacune des versions autographes de Canaletto. À l’instar de son oncle, Bellotti se livre librement à l’invention dans ces personnages, qui ne suivent pas un modèle connu.

更多来自 古典大师绘画及雕塑

查看全部
查看全部