Henri Fantin-Latour (1836-1904)
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Provenant de la collection d'un amateur
Henri Fantin-Latour (1836-1904)

Fleurs de printemps (Tulipes, narcisses, jacinthes, jonquilles et giroflées)

细节
Henri Fantin-Latour (1836-1904)
Fleurs de printemps (Tulipes, narcisses, jacinthes, jonquilles et giroflées)
signé et daté 'Fantin. 72.' (en haut à gauche)
huile sur toile
43.3 x 29.5 cm.
Peint en 1872

signed and dated 'Fantin. 72.' (upper left)
oil on canvas
17 x 11 3/4 in.
Painted in 1872
来源
Edwin Edwards, Londres.
Collection particulière, La Haye; sa vente, Frederik Muller & Cie., Amsterdam, 6 mai 1919, lot 109.
Ferdinand Béghin, Suisse (avant 1994).
Puis par descendance au propriétaire actuel.
出版
Mme Fantin-Latour, Catalogue de l'œuvre complet de Fantin-Latour, Paris, 1911, p. 72, no. 617.
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"Pour découvrir le talent de ce peintre dans toute sa fraîcheur, son charme et sa force", écrit le critique Zacherie Astruc en 1863, "il faut se tourner vers ses tableaux de fleurs, si appréciés dans le monde de l'art. Ce sont des merveilles de couleur et de sensibilité artistique. Elles sont aussi fascinantes que charmantes, on peut même dire qu'elles sont émouvantes... Leur beauté captive. C'est la nature avec tout cet éclat fugace qui est le destin des fleurs... La délicatesse de l'expression étant l'essence de son art, Fantin semble être le poète visuel des fleurs"
Zacherie Astruc cité in D. Druick et M. Hoog, Fantin-Latour, cat. exp., Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa, 1983, p. 114.

Suivant les traces des maîtres français à l'instar de Chardin ou encore Vallayer-Coster, Henri Fantin-Latour s’oriente rapidement vers le genre de la nature morte, après s’être essayé au portrait. Ses natures mortes et plus particulièrement ses fleurs, dont il avait peint de nombreux exemples lors de son voyage en Angleterre en 1861, plaisent davantage à sa clientèle parisienne. L’entreprise reste cependant risquée car l’artiste doit faire face au parti pris traditionnel du Salon qui relègue la nature morte à un échelon inférieur de la hiérarchie des sujets. Néanmoins, le travail de l’artiste paie : en 1862, ses natures mortes sont présentées à l'exposition de la Royal Academy de Londres et l’artiste commence à se faire une réputation, notamment grâce à l’aide de Ruth et Edwin Edwards (la présente œuvre a d'ailleurs fait partie de la collection). La désirabilité de ses peintures de fleurs en Angleterre est telle que Fantin ne dépend plus des commandes arrangées et des exigences qui dictent le contenu de ses compositions - il est libre de peindre comme il le souhaite, avec la certitude raisonnable que ses tableaux trouveront des acheteurs enthousiastes. Malgré son succès croissant à Londres, Fantin-Latour ne parvient pas à créer un marché français pour ses sujets floraux. Au milieu des années 1870, Fantin-Latour est découragé par le manque de reconnaissance de ses peintures de fleurs au Salon officiel de Paris, et par la courte durée de son partenariat avec le célèbre marchand Durand-Ruel. Sa réputation, néanmoins, s'est répandue discrètement parmi un petit cercle de collègues peintres et de critiques du groupe des Batignolles associé à Édouard Manet. Enfin, la reconnaissance ultime vient d’Émile Zola qui décrivit, dans sa critique du Salon de 1889, l'œuvre de l'artiste comme suit : "les toiles de M. Fantin-Latour ne vous agressent pas les yeux, elles ne vous sautent pas aux yeux depuis les murs. Il faut les regarder longuement pour les pénétrer, et leur conscience, leur vérité simple, vous les absorbez entièrement, et puis vous revenez" (cité in E. Lucie-Smith, Henri Fantin-Latour, New York, 1977, p. 37). Malgré ces débuts difficiles, Henri Fantin-Latour reste aujourd’hui considéré comme le maître incontesté de la nature morte de la fin de XIXème siècle. Le traitement extraordinairement réaliste et novateur de ce sujet, le souci du détail apporté aux fleurs, leur vraisemblance et leur fraicheur sont des qualités que Fantin-Latour est l'un des rares à posséder. L’importance accordée aux détails est pour l’artiste un moyen de comprendre plus clairement les phénomènes fugaces de la lumière, de la couleur, de la forme et de la texture dans le monde naturel. Fantin-Latour se distingue ainsi de la tradition de la nature morte florale par un exécution méticuleuse et un rendu délicat. Contrairement à ses contemporains impressionnistes, qui apportaient leurs chevalets à l'extérieur et peignaient directement d'après nature, Fantin-Latour sélectionne et cueille soigneusement ses fleurs dans le jardin de sa maison de Buri, les apportant dans son atelier où il les dispose en bouquets aux couleurs et aux textures symphoniques, combinant différentes espèces, fraiches ou fanées, pour souligner la brièveté de leur existence. Il insuffle ainsi à ses natures mortes variées, élaborées et inventives, un caractère sensuel et sensible. Délaissant les compositions compliquées et trop abondantes dans lesquelles la plupart des peintres floraux aimaient montrer leur savoir-faire, Fantin-Latour préfère travailler avec des arrangements plus simples qui lui permettent de se concentrer sur la délicatesse et l’individualité de chaque fleur. Comme l’affirmait le peintre Jacques-Émile Blanche, Fantin-Latour « saisit la physionomie de la fleur qu'il copie ; c'est cette fleur-là et pas une autre sur la même tige : il dessine et construit la fleur, et ne se contente pas d'en donner une impression par des éclaboussures de couleurs vives et savamment juxtaposées " (cité in 'Fantin-Latour', in Revue de Paris, Paris, 15 mai 1906, p. 311-312).

“To discover this painter’s talent in all its freshness, charm and power”, wrote the critic Zacherie Astruc in 1863, “look to his paintings of flowers, which are much appreciated in the art world. They are marvels of colour and artistic sensibility. They are fascinating, charming, and one might even say, moving... They have a captivating beauty. This is nature in all the fleeting splendour to which flowers are fated. Since delicate expression is the essence of his art, Fantin appears to be the visual poet of flowers”
Zacherie Astruc quoted in D. Druick and M. Hoog, Fantin-Latour, exp. cat., National Gallery of Canada, Ottawa, 1983, p. 114.

Following in the footsteps of Chardin, Vallayer-Coster and other French masters, Henri Fantin-Latour began painting still lives at an early age, after a brief foray into portrait painting. These still lives, especially his flowers, many of which he painted on his visit to England in 1861, were more popular with his Parisian clientele. It remained a risky undertaking, however: the artist still had to reckon with the traditional bias of the Salon, which relegated the still life to a lower rung in the subject hierarchy. Nevertheless, the artist’s work paid off when, in 1862, his still life paintings were shown at the Royal Academy in London, and the artist began to make a reputation for himself, with support from Ruth and Edwin Edwards (from whom the present work was part of the collection). Demand for his paintings of flowers in England was so great that Fantin-Latour no longer depended on upfront commissions or needed to paint for clients who dictated the content of his compositions. He was free to paint however he wished and was reasonably sure to find enthusiastic buyers. Despite his growing success in London, Fantin-Latour never managed to carve out a market in France for his floral works. In the mid-1870s, Fantin-Latour felt discouraged by the lack of recognition given to his flower paintings at the Salon officiel de Paris, and his short-lived partnership with celebrated art dealer Durand-Ruel. His reputation was nevertheless spreading quietly among a small group of fellow painters and critics from the Batignolles group that gravitated around Édouard Manet. Ultimate recognition came from Émile Zola who described, in his criticism of the Salon of 1889, the artist’s work in the following terms: “Mr Fantin-Latour’s paintings do not assault the eye, they do not jump off the walls at you. You must gaze upon them in order to fathom them, their conscience, their simple truth, to absorb them fully, and then come back to them”, (quoted in E. Lucie-Smith, Henri Fantin-Latour, New York, 1977, p. 37). Despite this inauspicious start, Henri Fantin-Latour is still considered today as the uncontested master of late 19th-century still life painting. The extraordinarily realistic and innovative treatment of this subject, his attention to detail and the verisimilitude and freshness of the flowers are qualities few artists share with Fantin-Latour. The artist emphasised detail to gain a deeper understanding of the fleeting phenomena of light, colour, shape and texture in the natural world. His painstaking execution and delicate rendering stands in marked contrast to the tradition of floral still life painting. Unlike his Impressionist contemporaries, who pitched their easels outdoors and painted directly from nature, Fantin-Latour carefully selected and picked his flowers from the garden of his house in Buri and brought them back to his studio where he arranged them in bouquets of symphonic colours and textures, combining different species, fresh or faded, to underline the fleeting nature of their existence. This gave his varied, elaborate and inventive still life paintings a sensual and sensory quality. Abandoning the complicated and excessive compositions that most floral painters used to display their expertise, Fantin-Latour preferred to work with simpler arrangements that allowed him to hone in on the delicacy and individuality of each flower. As the painter Jacques-Émile Blanche said, Fantin-Latour “captures the physiognomy of the flower he copies; what we see is the flower itself, not another on the same stem: he draws and constructs the flower and does more than give an impression with splashes of vivid and artfully juxtaposed colours”, (quoted in “Fantin-Latour”, in Revue de Paris, Paris, 15 May 1906, p. 311-312).

荣誉呈献

Léa Bloch
Léa Bloch Associate specialist

拍品专文

Cette œuvre sera incluse dans le catalogue raisonné des peintures et pastels d'Henri Fantin-Latour actuellement en préparation par la Galerie Brame & Lorenceau.

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