拍品专文
Cette composition de Pieter Brueghel le Jeune (1564-1638) est importante dans le corpus du peintre. Il s'agit de la seule scène originale de Pieter le Jeune, qui ne reprend pas une image créée par son père, Pieter Brueghel l’Ancien (vers 1525-1569). Le catalogue raisonné recense près de vingt-cinq versions de cette piquante représentation des affres de la justice. Les premières à être datées remontent à 1615, et les dernières 1621 (K. Ertz, Pieter Brueghel der Jungere, Die Gemälde, Lingen, 1998⁄2000, I, pp. 501-522). L’ouvrage précise que seulement cinq versions ont été réalisées en 1619, avec la possibilité d’une confusion de deux versions réduisant ce nombre à quatre versions datées de l’année de notre peinture.
Cette image saisissante connut de toutes les manières un grand succès du vivant du peintre. Son interprétation a cependant suscité différentes hypothèses. Les nombreuses représentations grimaçantes des collecteurs d’impôts initiées par Quentin Metsys (vers 1466-1530) ou Remeyrswale (vers 1490-1546) avaient déjà inspiré quantité de suiveurs dans le nord de l’Europe, il était donc logique de voir dans notre scène une représentation des collecteurs d’impôt venant réclamer le paiement de la dîme aux paysans.
La scène conçue en deux parties confronte des officiels plongés dans leurs documents certainement très techniques, devant des paysans anxieux déposant des animaux et des œufs en guise de paiement. La corrélation avec les collecteurs d’impôt des artistes nordiques parut logique mais certains détails ont guidé l’interprétation vers un tout autre type de scène. D’abord l’almanach en français à droite de la composition pourrait faire penser qu’il s’agit plutôt d’avocats et non de collecteurs d’impôts. Les juristes employaient le français comme langue commune dans les Pays-Bas. Le paiement sous forme d’animaux et d'œufs laissent aussi penser qu’il s’agit d’un paiement extérieur au paiement de la dîme qui portait davantage sur des céréales. Enfin, différentes sources anciennes décrivent cette composition comme une scène de représentation juridique et non liée aux taxes. Un inventaire de 1627 de la collection Wiael évoque une peinture de Brueghel le Jeune représentant un juriste français 'eenen franschen procureur' (D. de Vos, Stedelijke Musea Brugge. Catalogus Schilderijen 15de en 16de eeuw, Bruges, 1979, p. 95) et différentes gravures satiriques éditées au XVIIe siècle montrent des roturiers offrant aux avocats des paniers d’œufs avec la même espérance (voir Le Paysant sollicitant son procureur, fig., 1, gravure, Morgan Library, New York, inv. PML 145850.210). Klaus Ertz, auteur du catalogue raisonné se range de cet avis et classe toutes ces compositions sous le titre 'Der Bauernadvokat', l’avocat des paysans.
Enfin, on distingue deux types de cette composition chez Brueghel. Ils se différencient par le fond situé sous la fenêtre : la paille apparaît dans les versions antérieures à 1618, tandis que les œuvres plus tardives présentent le velours vert lumineux visible ici. Le vêtement des hommes de loi évolue également, devenant plus sombre dans les exemples tardifs de la composition. Notre tableau correspond à ce second type, dans lequel Brueghel accentue la gravité des avocats par les teintes plus sombres de leurs habits.
L’état de conservation extrêmement appréciable de cette version ayant préservé de fins glacis qui révèlent un éclatant modelé, permet d’apprécier avec précision l’originalité spécifique de cette typologie de composition ainsi que les mines expressives des personnages, typique de l’art de Brueghel le Jeune.
Cette image saisissante connut de toutes les manières un grand succès du vivant du peintre. Son interprétation a cependant suscité différentes hypothèses. Les nombreuses représentations grimaçantes des collecteurs d’impôts initiées par Quentin Metsys (vers 1466-1530) ou Remeyrswale (vers 1490-1546) avaient déjà inspiré quantité de suiveurs dans le nord de l’Europe, il était donc logique de voir dans notre scène une représentation des collecteurs d’impôt venant réclamer le paiement de la dîme aux paysans.
La scène conçue en deux parties confronte des officiels plongés dans leurs documents certainement très techniques, devant des paysans anxieux déposant des animaux et des œufs en guise de paiement. La corrélation avec les collecteurs d’impôt des artistes nordiques parut logique mais certains détails ont guidé l’interprétation vers un tout autre type de scène. D’abord l’almanach en français à droite de la composition pourrait faire penser qu’il s’agit plutôt d’avocats et non de collecteurs d’impôts. Les juristes employaient le français comme langue commune dans les Pays-Bas. Le paiement sous forme d’animaux et d'œufs laissent aussi penser qu’il s’agit d’un paiement extérieur au paiement de la dîme qui portait davantage sur des céréales. Enfin, différentes sources anciennes décrivent cette composition comme une scène de représentation juridique et non liée aux taxes. Un inventaire de 1627 de la collection Wiael évoque une peinture de Brueghel le Jeune représentant un juriste français 'eenen franschen procureur' (D. de Vos, Stedelijke Musea Brugge. Catalogus Schilderijen 15de en 16de eeuw, Bruges, 1979, p. 95) et différentes gravures satiriques éditées au XVIIe siècle montrent des roturiers offrant aux avocats des paniers d’œufs avec la même espérance (voir Le Paysant sollicitant son procureur, fig., 1, gravure, Morgan Library, New York, inv. PML 145850.210). Klaus Ertz, auteur du catalogue raisonné se range de cet avis et classe toutes ces compositions sous le titre 'Der Bauernadvokat', l’avocat des paysans.
Enfin, on distingue deux types de cette composition chez Brueghel. Ils se différencient par le fond situé sous la fenêtre : la paille apparaît dans les versions antérieures à 1618, tandis que les œuvres plus tardives présentent le velours vert lumineux visible ici. Le vêtement des hommes de loi évolue également, devenant plus sombre dans les exemples tardifs de la composition. Notre tableau correspond à ce second type, dans lequel Brueghel accentue la gravité des avocats par les teintes plus sombres de leurs habits.
L’état de conservation extrêmement appréciable de cette version ayant préservé de fins glacis qui révèlent un éclatant modelé, permet d’apprécier avec précision l’originalité spécifique de cette typologie de composition ainsi que les mines expressives des personnages, typique de l’art de Brueghel le Jeune.
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