BOURETTE, Charlotte Reynier, épouse Curé, puis (1714-1784)
BOURETTE, Charlotte Reynier, épouse Curé, puis (1714-1784)
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Bibliothèque de la famille Rothschild
BOURETTE, Charlotte Reynier, épouse Curé, puis (1714-1784)

La Muse limonadière. Paris : Sébastien Jorry, 1755.

细节
BOURETTE, Charlotte Reynier, épouse Curé, puis (1714-1784)
La Muse limonadière. Paris : Sébastien Jorry, 1755.
Précieux exemplaire en maroquin de l'époque aux armes du maréchal duc de Richelieu, avec envoi autographe signé de l'autrice. La vie de Charlotte Reynier, épouse Curé, puis Bourette , a tout pour fasciner -plume a priori sans enseignement littéraire, fille de limonadier, épouse de deux limonadiers successifs et elle-même à la tête du Café Allemand, rue Croix-des-Petits-Champs, non loin du Palais-Royal. La diversité des noms et des titres présents dans ce recueil suggère qu’elle a entretenu une correspondance nourrie avec nombre d’auteurs et de personnalités de premier plan. Fontenelle était un habitué de son café, Helvétius en était voisin.
On a ainsi beaucoup disserté sur les amitiés supposées de la Muse avec certaines plumes, comme Rousseau ou Voltaire. La correspondance de ce dernier dit tout autre chose : « La Muse limonadière me persécute…J’aime beaucoup mieux lui donner une carafe de soixante livres que de lui écrire ». Voltaire semblait surtout exaspéré par l’insistance de la Muse, avis partagé par nombre de ses contemporains, qui voyaient même en elle une arriviste, à l’affût de toute occasion d’entrer dans les bonnes grâces de l’un ou de l’autre. Françoise de Graffigny (1695-1758) n’a pour elle que cette remarque cinglante : « c’est une folle qui écrit à tous les auteurs qui ont du succès…Il y a longtemps que la Curé me laisse en repos, mais elle est furieuse contre moi car je me suis obstinée à ne point lui répondre et à ne pas la recevoir ».
Le comportement de la Muse semble expliquer une partie de ces critiques, mais il est impossible de ne pas aussi y voir une forme de mépris de classe, pour employer une expression anachronique. La même Françoise de Graffigny lui refusait le qualificatif de femme de lettres et parlait d’elle dédaigneusement comme d’une simple « maîtresse de café ». Un autre de ses correspondants, le duc de Gesvres, lui conseillait : « on n’est bien qu’avec ses égaux, et il ne faut jouer qu’avec eux ».
La lecture des poèmes de Charlotte Bourette dresse cependant le portrait d’une femme convaincue, peut-être dans une forme de vœu pieux, « qu’il n’est d’autre forme de noblesse que la vertu » (« Ode au Roi de Prusse ») et qui, plus encore, semble revendiquer son métier comme une marque de fierté. L’Abbé de La Porte, écrivant à son sujet dans son Histoire littéraire des femmes françoises, indique que « c’est principalement sous cette dernière qualité qu’elle veut être connue dans le monde littéraire ». La Muse dédie même plusieurs épîtres à sa laitière, sa blanchisseuse ou son boulanger.
Sans doute, la Muse a-t-elle été aussi prolixe dans l’envoi d’exemplaires de présent que dans la dédicace de poèmes – et pourtant, les exemplaires ayant parvenu jusqu’à nous sont très rares, et aucun dont nous ayons connaissance n’était destiné à un personnage aussi prestigieux que celui-ci, offert au maréchal-duc de Richelieu. Outre le prestige, nul doute que la présence du duc à l’Académie française a motivé cet envoi. Relié à ses armes, l’exemplaire a effectivement rejoint les rayonnages de sa bibliothèque, puisqu’on le retrouve dans le catalogue de sa vente, en 1788.

Young, Paul J. ""Une voix Plébéienne" in Eighteenth-Century France: Charlotte Curé, "La Muse Limonadière"." Eighteenth-Century Fiction 23, no. 2 (2010): 321-345.

2 vol. in-12 (165 x 94 mm). Édition originale (rousseurs). Au verso du titre (t. I) et du faux-titre (t. II), envoi autographe de l’autrice : « A Monseigneur le maréchal le duc de Richelieu, de la part de l’auteur ». Un ajout autographe t. I p. XV : « l’on n’est touché de ses apats » ; une correction autographe t. I p. 169 : "debiteurs" plutôt que "créanciers". Trois annotations manuscrites dans le t. II identifiant des anonymes.
Reliure de l’époque : maroquin rouge, armes du maréchal duc de Richelieu au centre des plats, insignes de l’ordre du Saint-Esprit aux angles, triple filet doré en encadrement, dos lisses ornés, pièces de titre et tomaisons de maroquin citron, filet doré sur les coupes, roulette dorée sur les chasses, gardes de papier marbré, tranches dorées sur marbrure (légers frottements ; usures aux mors, par endroits discrètement réparées).
Provenance : Louis-François-Armand de Vignerot du Plessis, duc de Richelieu, maréchal et pair de France (1715-1788 ; envoi, reliure aux armes ; sa vente, Paris, 29 décembre 1788, lot n°568) --

A most precious copy, inscribed to the Duke-Marshall of Richelieu, in contemporary red morocco with his gilt arms. First edition of the collected works and correspondence of a truly unique and fascinating literary figure : Charlotte Bourette, a working class female writer in 18th century France.

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Adrien Legendre
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