Descrizione dettagliata lotto
This apparently unique work table embodies all the qualities that established Jean-François Oeben as one of the most celebrated and admired Parisian cabinet-makers of his time: an innovative form, an ingenious construction and floral marquetry of extraordinary virtuosity.
Originally from Germany, Oeben settled in Paris, where in 1749 he married Françoise-Marguerite Vandercruse, sister of Roger Vandercruse, known as Lacroix. He then entered the workshop of Charles-Joseph Boulle, son of the great André-Charles Boulle, before being authorised to work partly on his own account and for the marchand-mercier Lazare Duvaux. The latter notably supplied Madame de Pompadour, who became Oeben’s principal patron. Upon the death of Charles-Joseph Boulle in 1754, Oeben was appointed Ébéniste du Roi at the Gobelins and later received the title of “Ébéniste-Mécanicien du Roi”, in recognition of his exceptional mastery of mechanical furniture. Jean-François Oeben is one of the very few eighteenth-century cabinet-makers whose name appears in contemporary sale catalogues and writings devoted to the decorative arts. He officially obtained his maîtrise in 1761, only two years before his death. The presence of both his stamp and that of the Jurande des Menuisiers-Ébénistes (JME) therefore dates the execution of the present table to between 1761 and 1763, although certain technical features suggest that its conception may have begun as early as 1758.
This table perfectly illustrates Oeben’s inventive genius. Beneath its apparent simplicity lies a remarkably sophisticated design. Its innovation resides in the superimposition of three levels: the two lower tiers are fitted with drawers, while the upper section is enclosed by a pair of hinged flaps. Although not a true mechanical piece, this arrangement rendered the table unstable; Oeben solved the problem by fixing an iron plate beneath the lower tier, a solution as simple as it was effective.
The floral marquetry, distinguished by its exceptional naturalism, is equally characteristic of his work. Its highly personal design was probably conceived by Oeben himself, which would explain the perfect harmony between the structure of the piece and its decoration. The flowers derive from Louis Tessier’s Livre de principes de fleurs, published in 1755 and used by Oeben from around 1760 onwards. Rather than reproducing Tessier’s compositions in their entirety, the marqueteur isolated individual flowers and adapted them to the proportions of the furniture.
While the rich floral compositions adorning the sides of the various tiers find numerous parallels in Oeben’s œuvre, the decoration of the top appears to be without known equivalent. Eight distinct bouquets, including lilies, tulips, lilies-of-the-valley and carnations, radiate within the petals of a stylised rosette. This composition recalls the mon, circular emblems frequently encountered in Japanese decorative arts, particularly on lacquerware. The influence of Japanese lacquer on Parisian marquetry is well documented; this rosette, together with the medallions adorning the two lower tiers, each decorated with a single flowering branch against a plain ground, provides a particularly original illustration of this phenomenon. The model of the table itself may in fact have been inspired by multi-tiered Japanese lacquer stands and display shelves, whose curved legs recall those of the present piece. Oeben had ample opportunity to study such objects through Madame de Pompadour, who possessed the most prestigious collection of Japanese lacquer in France.
The floral marquetry may be compared with several masterpieces by Oeben. Its richness and realism are particularly reminiscent of the decoration of the bureau à cylindre preserved in the Musée des Arts Décoratifs (inv. CAM 191), of the marquetry adorning every surface, including the writing slide, of the table made for Madame de Pompadour, now in the Metropolitan Museum of Art, New York (inv. 1982.60.61), and of that found on a table preserved in the Rijksmuseum, Amsterdam (inv. BK.16854). Likewise, the top of the small reading table sold at Christie’s on 27 November 1958, combining mahogany, rosewood, sycamore, stained woods and ivory, constitutes, like the present work table, a veritable “painting in wood”. A commode attributed to Jean-Pierre Latz and Jean-François Oeben, sold at Christie’s New York, 2 November 2000, lot 20, displays marquetry of similarly abundant naturalism.
In order to preserve the purity of the design, the gilt-bronze mounts have been reduced to the bare essentials: sabots characteristic of Oeben’s work and discreet drawer pulls, including that of the upper section, which functions as a trompe-l’œil since it opens no drawer. Attention is thus focused entirely on the silhouette of the piece and the virtuosity of its marquetry.
Shortly after Oeben’s death in 1763, his principal collaborator and successor, Jean-Henri Riesener (1734-1806), developed a new interpretation of this work table, enriched with numerous neo-classical elements and a far more elaborate gilt-bronze ornamentation. A remarkable example of this later version is now preserved in the Wallace Collection (Peter Hughes, The Wallace Collection Catalogue of Furniture, London, 1996, pp. 1076-1082, no. 212; see also nos. 211 and 213).
We are grateful to Dr Reinier Baarsen for his contribution to the preparation of this catalogue entry.
Cette table à ouvrage, apparemment unique, réunit toutes les qualités qui ont fait de Jean-François Oeben l’un des ébénistes parisiens les plus célèbres et les plus admirés de son époque : une forme inédite, une structure ingénieuse et une marqueterie florale d’une virtuosité extraordinaire.
Originaire d’Allemagne, Oeben s’établit à Paris où il épouse, en 1749, Françoise-Marguerite Vandercruse, sœur de Roger Vandercruse, dit Lacroix. Il entre alors dans l’atelier de Charles-Joseph Boulle, fils du grand André-Charles Boulle, avant d’être autorisé à travailler en partie pour son propre compte ainsi que pour le marchand-mercier Lazare Duvaux. Celui-ci fournissait notamment Madame de Pompadour, qui devient la principale protectrice d’Oeben. À la mort de Charles-Joseph Boulle, en 1754, Oeben est nommé ébéniste du Roi aux Gobelins, puis reçoit le titre d'"ébéniste mécanicien du Roi", en reconnaissance de son exceptionnelle maîtrise des meubles à mécanismes. Jean-François Oeben est l’un des très rares ébénistes du XVIIIe siècle dont le nom apparaît dans les catalogues de ventes contemporains et les écrits consacrés aux arts. Il reçoit officiellement sa maîtrise en 1761, seulement deux ans avant sa mort. La présence de son estampille, associée à celle de la Jurande des Menuisiers-Ébénistes (JME), situe ainsi l'exécution de cette table entre 1761 et 1763, même si certains éléments techniques permettent d'envisager une conception amorcée dès 1758.
Le modèle de cette table illustre parfaitement son talent d’inventeur. D’une grande simplicité apparente, sa conception est en réalité d’une remarquable sophistication. L’innovation réside dans la superposition de trois niveaux : les deux inférieurs sont pourvus d’un tiroir, tandis que le niveau supérieur est fermé par deux abattants. Sans constituer un véritable mécanisme, cette disposition rendait le meuble instable ; Oeben remédia au problème en fixant une plaque de fer sous le niveau inférieur, solution aussi simple qu’efficace.
La marqueterie florale, d’un naturalisme exceptionnel, est tout aussi caractéristique de son œuvre. Son dessin particulièrement personnel est probablement de la main d’Oeben lui-même, ce qui explique l'harmonie parfaite entre la structure du meuble et son décor. Les fleurs dérivent du Livre de principes de fleurs de Louis Tessier, publié en 1755 et utilisé par Oeben à partir de 1760. Les motifs ne reprennent pas les compositions de Tessier dans leur ensemble : le marqueteur en isole les fleurs afin de les adapter aux proportions du meuble.
Si les riches compositions florales ornant les côtés des différents niveaux trouvent de nombreux parallèles dans la production d’Oeben, le décor du plateau est, lui, sans équivalent connu. Huit bouquets distincts — comprenant notamment lys, tulipes, muguet et œillets — rayonnent dans les pétales d’une rosace stylisée. Cette composition évoque les mon, emblèmes circulaires fréquemment rencontrés dans les arts décoratifs japonais, notamment sur les laques. L'influence de ces dernières sur la marqueterie parisienne est bien connue ; cette rosace, tout comme les médaillons des deux niveaux inférieurs ornés chacun d'une seule branche fleurie sur un fond uni, en constitue une illustration particulièrement originale. Le modèle même de la table pourrait d'ailleurs s'inspirer des présentoirs et supports japonais en laque à plusieurs niveaux, dont les pieds galbés rappellent ceux du présent meuble. Oeben eut tout loisir d'étudier ces objets grâce à Madame de Pompadour, qui possédait alors la plus prestigieuse collection de laques japonaises en France. Cette marqueterie florale peut être rapprochée de plusieurs chefs-d'œuvre d'Oeben. Sa richesse et son réalisme rappellent notamment celle du bureau à cylindre conservé au musée des Arts décoratifs (inv. CAM 191), celle ornant toutes les faces, jusqu’à la tablette d’écritoire, de la table réalisée pour Madame de Pompadour aujourd'hui au Metropolitan Museum of Art de New York (inv. 1982.60.61), ainsi que celle d’une table conservée au Rijksmuseum d'Amsterdam (inv. BK.16854). Par ailleurs, le plateau de la petite table liseuse vendue chez Christie’s le 27 novembre 1958, mêlant acajou, bois de rose, sycomore, bois teintés et ivoire constitue, comme cette table à ouvrage, un véritable « tableau de bois ». Vendue chez Christie’s également, le 2 novembre 2000 à New York (lot 20), une commode attribuée à Jean-Pierre Latz et Jean-François Oeben présente une marqueterie tout aussi comparable par son naturalisme foisonnant.
Afin de préserver la pureté des lignes, les bronzes dorés sont réduits à l'essentiel : des sabots, caractéristiques de l'ébéniste et de discrets boutons de tirage, dont celui du niveau supérieur constitue un trompe-l'œil puisqu'il ne commande aucun tiroir. Toute l'attention se porte ainsi sur la silhouette du meuble et sur la virtuosité de sa marqueterie.
Peu après la disparition d’Oeben, en 1763, son principal collaborateur et successeur, Jean-Henri Riesener (1734-1806), développe une nouvelle interprétation de cette table à ouvrage, enrichie de nombreux éléments néoclassiques et d'une ornementation de bronze beaucoup plus abondante. Un remarquable exemplaire de cette seconde version est aujourd'hui conservé à la Wallace Collection (Peter Hughes, The Wallace Collection Catalogue of Furniture, Londres, 1996, p. 1076-1082, no 212 ; voir également les nos 211 et 213).
Nous remercions le Dr Reinier Baarsen pour sa contribution à la rédaction de cette notice.
Originally from Germany, Oeben settled in Paris, where in 1749 he married Françoise-Marguerite Vandercruse, sister of Roger Vandercruse, known as Lacroix. He then entered the workshop of Charles-Joseph Boulle, son of the great André-Charles Boulle, before being authorised to work partly on his own account and for the marchand-mercier Lazare Duvaux. The latter notably supplied Madame de Pompadour, who became Oeben’s principal patron. Upon the death of Charles-Joseph Boulle in 1754, Oeben was appointed Ébéniste du Roi at the Gobelins and later received the title of “Ébéniste-Mécanicien du Roi”, in recognition of his exceptional mastery of mechanical furniture. Jean-François Oeben is one of the very few eighteenth-century cabinet-makers whose name appears in contemporary sale catalogues and writings devoted to the decorative arts. He officially obtained his maîtrise in 1761, only two years before his death. The presence of both his stamp and that of the Jurande des Menuisiers-Ébénistes (JME) therefore dates the execution of the present table to between 1761 and 1763, although certain technical features suggest that its conception may have begun as early as 1758.
This table perfectly illustrates Oeben’s inventive genius. Beneath its apparent simplicity lies a remarkably sophisticated design. Its innovation resides in the superimposition of three levels: the two lower tiers are fitted with drawers, while the upper section is enclosed by a pair of hinged flaps. Although not a true mechanical piece, this arrangement rendered the table unstable; Oeben solved the problem by fixing an iron plate beneath the lower tier, a solution as simple as it was effective.
The floral marquetry, distinguished by its exceptional naturalism, is equally characteristic of his work. Its highly personal design was probably conceived by Oeben himself, which would explain the perfect harmony between the structure of the piece and its decoration. The flowers derive from Louis Tessier’s Livre de principes de fleurs, published in 1755 and used by Oeben from around 1760 onwards. Rather than reproducing Tessier’s compositions in their entirety, the marqueteur isolated individual flowers and adapted them to the proportions of the furniture.
While the rich floral compositions adorning the sides of the various tiers find numerous parallels in Oeben’s œuvre, the decoration of the top appears to be without known equivalent. Eight distinct bouquets, including lilies, tulips, lilies-of-the-valley and carnations, radiate within the petals of a stylised rosette. This composition recalls the mon, circular emblems frequently encountered in Japanese decorative arts, particularly on lacquerware. The influence of Japanese lacquer on Parisian marquetry is well documented; this rosette, together with the medallions adorning the two lower tiers, each decorated with a single flowering branch against a plain ground, provides a particularly original illustration of this phenomenon. The model of the table itself may in fact have been inspired by multi-tiered Japanese lacquer stands and display shelves, whose curved legs recall those of the present piece. Oeben had ample opportunity to study such objects through Madame de Pompadour, who possessed the most prestigious collection of Japanese lacquer in France.
The floral marquetry may be compared with several masterpieces by Oeben. Its richness and realism are particularly reminiscent of the decoration of the bureau à cylindre preserved in the Musée des Arts Décoratifs (inv. CAM 191), of the marquetry adorning every surface, including the writing slide, of the table made for Madame de Pompadour, now in the Metropolitan Museum of Art, New York (inv. 1982.60.61), and of that found on a table preserved in the Rijksmuseum, Amsterdam (inv. BK.16854). Likewise, the top of the small reading table sold at Christie’s on 27 November 1958, combining mahogany, rosewood, sycamore, stained woods and ivory, constitutes, like the present work table, a veritable “painting in wood”. A commode attributed to Jean-Pierre Latz and Jean-François Oeben, sold at Christie’s New York, 2 November 2000, lot 20, displays marquetry of similarly abundant naturalism.
In order to preserve the purity of the design, the gilt-bronze mounts have been reduced to the bare essentials: sabots characteristic of Oeben’s work and discreet drawer pulls, including that of the upper section, which functions as a trompe-l’œil since it opens no drawer. Attention is thus focused entirely on the silhouette of the piece and the virtuosity of its marquetry.
Shortly after Oeben’s death in 1763, his principal collaborator and successor, Jean-Henri Riesener (1734-1806), developed a new interpretation of this work table, enriched with numerous neo-classical elements and a far more elaborate gilt-bronze ornamentation. A remarkable example of this later version is now preserved in the Wallace Collection (Peter Hughes, The Wallace Collection Catalogue of Furniture, London, 1996, pp. 1076-1082, no. 212; see also nos. 211 and 213).
We are grateful to Dr Reinier Baarsen for his contribution to the preparation of this catalogue entry.
Cette table à ouvrage, apparemment unique, réunit toutes les qualités qui ont fait de Jean-François Oeben l’un des ébénistes parisiens les plus célèbres et les plus admirés de son époque : une forme inédite, une structure ingénieuse et une marqueterie florale d’une virtuosité extraordinaire.
Originaire d’Allemagne, Oeben s’établit à Paris où il épouse, en 1749, Françoise-Marguerite Vandercruse, sœur de Roger Vandercruse, dit Lacroix. Il entre alors dans l’atelier de Charles-Joseph Boulle, fils du grand André-Charles Boulle, avant d’être autorisé à travailler en partie pour son propre compte ainsi que pour le marchand-mercier Lazare Duvaux. Celui-ci fournissait notamment Madame de Pompadour, qui devient la principale protectrice d’Oeben. À la mort de Charles-Joseph Boulle, en 1754, Oeben est nommé ébéniste du Roi aux Gobelins, puis reçoit le titre d'"ébéniste mécanicien du Roi", en reconnaissance de son exceptionnelle maîtrise des meubles à mécanismes. Jean-François Oeben est l’un des très rares ébénistes du XVIIIe siècle dont le nom apparaît dans les catalogues de ventes contemporains et les écrits consacrés aux arts. Il reçoit officiellement sa maîtrise en 1761, seulement deux ans avant sa mort. La présence de son estampille, associée à celle de la Jurande des Menuisiers-Ébénistes (JME), situe ainsi l'exécution de cette table entre 1761 et 1763, même si certains éléments techniques permettent d'envisager une conception amorcée dès 1758.
Le modèle de cette table illustre parfaitement son talent d’inventeur. D’une grande simplicité apparente, sa conception est en réalité d’une remarquable sophistication. L’innovation réside dans la superposition de trois niveaux : les deux inférieurs sont pourvus d’un tiroir, tandis que le niveau supérieur est fermé par deux abattants. Sans constituer un véritable mécanisme, cette disposition rendait le meuble instable ; Oeben remédia au problème en fixant une plaque de fer sous le niveau inférieur, solution aussi simple qu’efficace.
La marqueterie florale, d’un naturalisme exceptionnel, est tout aussi caractéristique de son œuvre. Son dessin particulièrement personnel est probablement de la main d’Oeben lui-même, ce qui explique l'harmonie parfaite entre la structure du meuble et son décor. Les fleurs dérivent du Livre de principes de fleurs de Louis Tessier, publié en 1755 et utilisé par Oeben à partir de 1760. Les motifs ne reprennent pas les compositions de Tessier dans leur ensemble : le marqueteur en isole les fleurs afin de les adapter aux proportions du meuble.
Si les riches compositions florales ornant les côtés des différents niveaux trouvent de nombreux parallèles dans la production d’Oeben, le décor du plateau est, lui, sans équivalent connu. Huit bouquets distincts — comprenant notamment lys, tulipes, muguet et œillets — rayonnent dans les pétales d’une rosace stylisée. Cette composition évoque les mon, emblèmes circulaires fréquemment rencontrés dans les arts décoratifs japonais, notamment sur les laques. L'influence de ces dernières sur la marqueterie parisienne est bien connue ; cette rosace, tout comme les médaillons des deux niveaux inférieurs ornés chacun d'une seule branche fleurie sur un fond uni, en constitue une illustration particulièrement originale. Le modèle même de la table pourrait d'ailleurs s'inspirer des présentoirs et supports japonais en laque à plusieurs niveaux, dont les pieds galbés rappellent ceux du présent meuble. Oeben eut tout loisir d'étudier ces objets grâce à Madame de Pompadour, qui possédait alors la plus prestigieuse collection de laques japonaises en France. Cette marqueterie florale peut être rapprochée de plusieurs chefs-d'œuvre d'Oeben. Sa richesse et son réalisme rappellent notamment celle du bureau à cylindre conservé au musée des Arts décoratifs (inv. CAM 191), celle ornant toutes les faces, jusqu’à la tablette d’écritoire, de la table réalisée pour Madame de Pompadour aujourd'hui au Metropolitan Museum of Art de New York (inv. 1982.60.61), ainsi que celle d’une table conservée au Rijksmuseum d'Amsterdam (inv. BK.16854). Par ailleurs, le plateau de la petite table liseuse vendue chez Christie’s le 27 novembre 1958, mêlant acajou, bois de rose, sycomore, bois teintés et ivoire constitue, comme cette table à ouvrage, un véritable « tableau de bois ». Vendue chez Christie’s également, le 2 novembre 2000 à New York (lot 20), une commode attribuée à Jean-Pierre Latz et Jean-François Oeben présente une marqueterie tout aussi comparable par son naturalisme foisonnant.
Afin de préserver la pureté des lignes, les bronzes dorés sont réduits à l'essentiel : des sabots, caractéristiques de l'ébéniste et de discrets boutons de tirage, dont celui du niveau supérieur constitue un trompe-l'œil puisqu'il ne commande aucun tiroir. Toute l'attention se porte ainsi sur la silhouette du meuble et sur la virtuosité de sa marqueterie.
Peu après la disparition d’Oeben, en 1763, son principal collaborateur et successeur, Jean-Henri Riesener (1734-1806), développe une nouvelle interprétation de cette table à ouvrage, enrichie de nombreux éléments néoclassiques et d'une ornementation de bronze beaucoup plus abondante. Un remarquable exemplaire de cette seconde version est aujourd'hui conservé à la Wallace Collection (Peter Hughes, The Wallace Collection Catalogue of Furniture, Londres, 1996, p. 1076-1082, no 212 ; voir également les nos 211 et 213).
Nous remercions le Dr Reinier Baarsen pour sa contribution à la rédaction de cette notice.
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