ANTOINE WATTEAU (VALENCIENNES 1684-1721 NOGENT-SUR-MARNE)
ANTOINE WATTEAU (VALENCIENNES 1684-1721 NOGENT-SUR-MARNE)
ANTOINE WATTEAU (VALENCIENNES 1684-1721 NOGENT-SUR-MARNE)
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ANTOINE WATTEAU (VALENCIENNES 1684-1721 NOGENT-SUR-MARNE)

Nu masculin assis (recto); Homme nu en buste, les bras levés (verso)

Details
ANTOINE WATTEAU (VALENCIENNES 1684-1721 NOGENT-SUR-MARNE)
Nu masculin assis (recto); Homme nu en buste, les bras levés (verso)
pierre noire, sanguine, traces de craie blanche
14,9 x 17,3 cm (5 7⁄8 x 6 ¾ in.)
Provenance
François Flameng (1856-1923), Paris, (Lugt 991); sa vente, galerie Georges Petit, Paris, 26-27 mai 1919, lot 164 (adjugé 10.100 francs).
Acquis au cours de celle-ci par Marius Paulme (1863-1928), Paris.
Lucien Guiraud (1886-1952); sa vente, Hôtel Drouot, Paris, 15 juin 1956, lot 76, pl. XVII (adjugé 2 083 500 francs).
Acquis au cours de celle-ci par Doña Graziella Patiño de Ortiz Linares (1900-1980) et Son Excellence Don Jorge Ortiz Linares (1894-1965) ;
Puis par descendance.
Literature
K.T. Parker, J. Mathey, Antoine Watteau, Catalogue complet des œuvres dessinés, Paris, 1957, I., n° 514, ill.
P. Rosenberg, M. Morgan Grasselli, Antoine Watteau (1684-1721), Paris, 1984, n° 67.
P. Rosenberg, L.-A. Prat, Antoine Watteau 1684-1721: Catalogue raisonné des dessins, Milan, 1996, I., n° 276, ill.
Exhibited
Paris, Galerie Cailleux, Le dessin français de Watteau à Prud'hon, 1951, n° 169. Washington-Paris-Berlin, National Gallery, Washington, Galeries Nationales du Grand Palais, Paris, Charlottenbourg, Berlin, Watteau, 1684-1721, 1984-1985, n° 67, ill.
Further Details
JEAN-ANTOINE WATTEAU, NUDE MAN SEATED ON THE GROUND (RECTO); A NUDE MAN IN HALF-LENGTH, WITH HIS ARMS RAISED (VERSO), BLACK AND RED CHALK

This young male nude seated on the ground demonstrates the speed with which Antoine Watteau sometimes sought to capture a pose directly from life. The vigorous combination of black chalk and red chalk, handled with remarkable freedom, lends this sheet a distinctive vitality.

This drawing has been associated with the Crozat Seasons, the set of four paintings intended to decorate the dining room of the hôtel particulier located on the Rue de Richelieu in Paris belonging to Watteau's patron and friend, Pierre Crozat (1665-1740), Treasurer of France, and one of the greatest art collectors of his time. The series was painted around 1715-1717 under exceptional circumstances (see Rosenberg and Prat, op. cit.).

In October 1715, Crozat returned to Paris after a stay in Italy, where he had been negotiating the purchase of works of art for the Regent, Philippe d'Orléans (1674-1723). It was most likely at this time that he commissioned Charles de La Fosse (1636-1716) to produce the series known as the Crozat Seasons. This decorative project was of particular significance because it brought together the talents of an artist whose reputation was already firmly established, Charles de La Fosse, then seventy-nine years old, and that of a much younger and emerging painter, Antoine Watteau, then thirty-one. The two artists had maintained close ties for several years; early biographies of Watteau record that La Fosse had supported Watteau's admission to the Royal Academy of Painting and Sculpture in 1712.

As François Marandet has argued, La Fosse most likely supplied preparatory drawings (two of which are preserved in the Louvre) and offered guidance to Watteau, who ultimately executed all four paintings (F. Marandet, Nouvelles hypothèses sur la genèse du décor peint de la salle à manger de l’hôtel Crozat, in B. Sarrazin and O. Bonfait (eds.), Charles de La Fosse et les arts en France autour de 1700, conference proceedings, Château de Versailles, 18-19 May 2015, available online). Of the four paintings, only Summer survives (National Gallery of Art, Washington), while Spring was destroyed two years after its rediscovery (M. M. Grasselli and P. Rosenberg (eds.), Watteau, exhibition catalogue, Paris, Grand Palais, 1984, under no. P35). The compositions are documented by engravings by Louis Desplaces (Spring, fig. 1), Jean Audran (Winter, fig. 2), Marie Jeanne Renard du Bos (Summer), and Étienne Fessard (Autumn).

Alongside the present sheet, several studies of male and female nudes are known in connection with this series (Rosenberg and Prat, op. cit., nos. 370–372). The previously unpublished verso of the present drawing, depicting the upper body of a nude man with his arms raised, seen da sotto in su (from below), enlarges this corpus.

This previously unpublished figure should now be included among the preparatory drawings for the Crozat Seasons. It may represent an initial conception for the figure holding a sheaf of wheat in the figure of Zephyr in Spring (fig. 1) or in Winter (fig. 2). Despite its unfinished state, the unpublished verso, together with the recto, contradicts the well-known remarks of Watteau's friend, the Comte de Caylus (1692-1765), who claimed that:
'Having no knowledge of anatomy, and having scarcely ever drawn from the nude, Watteau neither understood nor could properly render it; indeed, the very conception of an academic nude was laborious and disagreeable to him.'
The group of studies for the Crozat Seasons, together with the present drawing, invites a more nuanced assessment of these rather severe comments made by one of Watteau's closest, and most celebrated friends.
Dr. Axel Moulinier

Fig. 1 : L. Desplaces, after A. Watteau, Le Printems, print, Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie.
Fig. 2 : J. Audran, after A. Watteau, L'Hyver, print, Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie.

Offerto da

Paul Gallois
Paul Gallois Head of European Furniture, EMEA

Descrizione dettagliata lotto

Ce jeune homme nu assis au sol témoigne de la rapidité avec laquelle Antoine Watteau s’est parfois attaché à croquer une position sur le vif. L’association de la pierre noire et de la sanguine traitées de manière bouillonnante donne à cette feuille une énergie particulière.
Ce dessin a été mis en relation avec les Saisons Crozat, cet ensemble de quatre toiles, destinées à orner la salle à manger du salon de l’hôtel particulier de Pierre Crozat (mécène et ami de Watteau, trésorier de France et immense collectionneur), situé rue de Richelieu à Paris et peint vers 1715-1717 dans des circonstances particulières (voir Rosenberg, Prat, op. cit).
En octobre 1715, Pierre Crozat est de retour à Paris après un séjour en Italie (qui avait pour but de négocier l’achat d’œuvres d’art pour le Régent Philippe d’Orléans). C’est vraisemblablement à ce moment qu’il commande à Charles de La Fosse (1636-1716) les Saisons dites Crozat. Ce chantier de décor est particulièrement important, parce qu’il mobilise le talent d’un peintre dont la réputation n’est alors plus à prouver, Charles de La Fosse (âgé de 79 ans) et celui d’un artiste bien plus jeune et émergent : Antoine Watteau (âgé de 31 ans). Les deux peintres entretenaient des liens depuis plusieurs années, puisque les biographies anciennes de Watteau indiquent que le premier avait soutenu l’entrée du second à l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1712. Comme l’a analysé François Marandet, La Fosse a vraisemblablement fourni des dessins préparatoires (dont deux sont conservés au musée du Louvre) et prodigué ses conseils à Watteau qui in fine peindra les quatre toiles (F. Marandet, ‘Nouvelles hypothèses sur la genèse du décor peint de la salle à manger de l’hôtel Crozat’ in B. Sarrazin et O. Bonfait (dirs.), Charles de La Fosse et les arts en France autour de 1700, Actes du colloque, 18-19 mai 2015, château de Versailles, disponible en ligne). De ces quatre tableaux, seul L’été a survécu (National Gallery of Art, Washington), Le printemps ayant été détruit deux ans après sa redécouverte (M. M. Grasselli, P. Rosenberg (dirs.), Watteau, cat. exp., Paris, Grand Palais, 1984, sous n° P35). Les estampes de Louis Desplaces (Le printems, fig. 1), Jean Audran (L’hyver, fig. 2), Marie Jeanne Renard du Bos (l'Esté) et Étienne Fessard (l'Automne) documentent les tableaux.
Aux côtés du présent dessin, plusieurs études d’hommes et de femmes nus sont connus pour cette série (Rosenberg, Prat, op. cit., n° 370 à 372) et le verso inédit de ce dessin, représentant un homme nu en buste, les bras levés, vu ‘da sotto in su’, vient élargir ce corpus.
Cette figure inédite intègre le corpus des dessins préparatoires pour les Saisons Crozat et pourrait être une première pensée pour la figure tenant une botte de blé dans le Printems (fig. 1) ou L’Hyver (fig. 2). Malgré son inachèvement, le verso inédit tout comme le recto contredisent les propos de l’ami de Watteau, le comte de Caylus. Il considérait que 'n'ayant aucune connaissance de l'anatomie, et n'ayant presque jamais dessiné le nu, [Watteau] ne savait ni le lire, ni l'exprimer; au point même que l'ensemble d'une académie lui coûtait et lui déplaisait par conséquent.' L’ensemble des études pour les Saisons Crozat et le présent dessin, permettent de nuancer les propos acerbes d’un des amis les plus proches, et les plus célèbres, de Watteau.
Dr Axel Moulinier

Fig. 1 : L. Desplaces, d'après A. Watteau, Le Printems, estampe, Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie.
Fig. 2 : J. Audran, d'après A. Watteau, L'Hyver, estampe, Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie.

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