Lot Essay
Connu de nos jours avant tout pour ses œuvres sur papier, Georges Wildenstein déclare néanmoins que les ‘peintures à l’huile de Moreau sont sans doute le meilleur aspect de son talent… elles ont une franchise de ton, une liberté d’exécution, une vérité infiniment séduisante ; elles sont très supérieures, par ces qualités, à ce qu’on avait pu voir jusque-là dans le paysage français’ (G. Wildenstein, 1923, op. cit., p. 31). Et les peintures de Louis-Gabriel Moreau qui ont su séduire Arthur Georges Veil-Picard font preuve de cet esprit de liberté, dans leur compositions aérées, tout comme dans la facture même des œuvres où nous retrouvons des traits de pinceau presque pointillistes.
Moreau fait son entrée sur la scène artistique parisienne en 1760, quand il expose quelques œuvres à l’Exposition de la Jeunesse, qui a lieu place Dauphine. Si ces premières œuvres ne représentent que des sujet architecturaux, à l’instar de son maître Pierre-Antoine Demachy (1723-1807), son style connaît une évolution pendant la décennie qui suit. À partir de 1774, quand on retrouve la trace de l’artiste entre-temps perdue, son œuvre est marquée par le goût du champêtre et la charme du pastoral, comme dans les tableaux ci-présents.
Ce changement suit les modes de l’époque, qui évoluent d’une idée du paysage et du rôle du paysagiste encore étroitement liés aux ruines antiques, au classicisme de Poussin (1594-1665) et aux scènes d’Histoire de Claude Lorrain (1600-1682) vers une vision de la nature qui n’est pas soumise à la volonté humaine. Ce changement de perspective peut être constaté dans l’art tout comme dans la littérature. La traduction en 1760 des Saisons du poète écossais James Thompson (1700-1748), œuvre composée de quatre poèmes consacrés aux différentes saisons de l'année, connaît un énorme succès en France où elle inspire des poètes tels que Saint-Lambert (1716-1803) et Delille (1738-1813). Et le plus célèbre de tous, Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) exprime son amour de la nature dans son livre Les Rêveries du promeneur solitaire, publié en 1776, comme dans les Confessions, parues en 1782.
Moreau nous plonge ainsi dans un monde où la nature détrône l’activité humaine. Que ce soit la chaumière qui semble être faite du même feuillage doré qui pousse autour d’elle (lot 4), ou des sculptures entourées par un sous-bois qui menace de les engloutir (lot 5), ses œuvres présentent cet équilibre délicat entre l’homme et la nature qui ne trouve son parallèle que dans la délicatesse de la touche assurée et scintillante de l’artiste.
Moreau fait son entrée sur la scène artistique parisienne en 1760, quand il expose quelques œuvres à l’Exposition de la Jeunesse, qui a lieu place Dauphine. Si ces premières œuvres ne représentent que des sujet architecturaux, à l’instar de son maître Pierre-Antoine Demachy (1723-1807), son style connaît une évolution pendant la décennie qui suit. À partir de 1774, quand on retrouve la trace de l’artiste entre-temps perdue, son œuvre est marquée par le goût du champêtre et la charme du pastoral, comme dans les tableaux ci-présents.
Ce changement suit les modes de l’époque, qui évoluent d’une idée du paysage et du rôle du paysagiste encore étroitement liés aux ruines antiques, au classicisme de Poussin (1594-1665) et aux scènes d’Histoire de Claude Lorrain (1600-1682) vers une vision de la nature qui n’est pas soumise à la volonté humaine. Ce changement de perspective peut être constaté dans l’art tout comme dans la littérature. La traduction en 1760 des Saisons du poète écossais James Thompson (1700-1748), œuvre composée de quatre poèmes consacrés aux différentes saisons de l'année, connaît un énorme succès en France où elle inspire des poètes tels que Saint-Lambert (1716-1803) et Delille (1738-1813). Et le plus célèbre de tous, Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) exprime son amour de la nature dans son livre Les Rêveries du promeneur solitaire, publié en 1776, comme dans les Confessions, parues en 1782.
Moreau nous plonge ainsi dans un monde où la nature détrône l’activité humaine. Que ce soit la chaumière qui semble être faite du même feuillage doré qui pousse autour d’elle (lot 4), ou des sculptures entourées par un sous-bois qui menace de les engloutir (lot 5), ses œuvres présentent cet équilibre délicat entre l’homme et la nature qui ne trouve son parallèle que dans la délicatesse de la touche assurée et scintillante de l’artiste.
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